Jean Dionis : « Une course romantique »


L’Hebdo : Qu’est-ce que la course Tout Agen court à Noël représente pour vous ?
Jean Dionis du Séjour : C’est d’abord une bonne idée : faire courir les gens à un moment où la ville est belle. Les organisateurs ont tapé dans le mille. Courir dans le froid et peut-être le brouillard risque de piquer un peu mais l’ambiance de Noël, les illuminations, le chocolat ou le vin chaud, c’est selon… tout cela dégage un côté magique. On le voit, ça a très bien marché tout de suite. Je pense que cette idée va s’enraciner et faire des petits.

L’Hebdo : Vous pensez à des déclinaisons ?
J.D.S : Il y en a déjà avec les deux distances, le 5 et le 10 kilomètres. Mais je suis persuadé qu’il y aura des développements annexes, pour les marcheurs par exemple, ou les enfants. À l’ASPTT, ce sont de vrais athlètes qui ont le souci de se rapprocher du grand public, de ce peuple de joggeurs ou joggeuses occasionnels. Ils ont réussi le tour de force de mêler le haut niveau avec le sport plaisir. En découlent beaucoup de conséquences heureuses et de possibilités pour l’avenir.

L’Hebdo : Pensez-vous que cette manifestation va permettre aux Agenais de redécouvrir la ville ?
J.D.S : Il faut être très humble sur sa connaissance de la ville. Dieu sait si je l’ai arpentée, en tant qu’écolier, adolescent, militant puis maire. Et je reste toujours surpris des découvertes que je fais à Agen, une ville qui a 2 000 ans d’histoire, complexe, baroque, tordue. La parcourir de nuit, en courant, c’est s’offrir un autre regard, sous une lumière qui révèle des détails inattendus. On a pu s’en rendre compte à partir de 2010 quand on a pris le parti d’éclairer les façades du boulevard de la République.
On a redécouvert notre patrimoine XIXe. Dans un sens, on peut dire que Tout Agen court à Noël est une course romantique.

L’Hebdo : Quel a été le rôle de la municipalité dans cette course ?
J.D.S : La vie d’une ville dépend de ces initiatives culturelles, sociales, sportives. Dans le cas de Tout Agen court à Noël, la mairie n’y est pas pour grand chose, si ce n’est mettre de l’huile dans les rouages, faciliter sa mise en œuvre. Le rôle de la mairie est surtout logistique. On a travaillé sur la signalétique, on a fourni les arrêtés de circulation ainsi que quatre agents de la police municipale. Mais je ne veux pas m’approprier l’extraordinaire travail des associations et des organisateurs qui sont des gens très bien.

L’Hebdo : Les attentats du 13 novembre changent-ils la donne ?
J.D.S : Au niveau sécurité, on applique les directives de la préfecture quant au resserrement du dispositif vigipirate. C’est tout. Au-delà de ça, la meilleure réponse politique et citoyenne c’est de dire que la vie continue. On ne va pas annuler le loto du quartier 18 parce qu’il y a eu des attentats à Paris. Il en va de même pour Tout Agen court à Noël. Il y a même un côté symbolique à organiser un grand rassemblement populaire après ces événements. Dépasser le millier de concurrents, ce qui est largement envisageable (ndlr, le millier d’inscrits a été atteint jeudi soir), serait magnifique. J’appelle tout le monde à y aller, coureurs ou non.

Dimitri Laleuf

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