Jean-Michel Chevrier : un retour aux sources prédestiné


Jean-Michel Chevrier est né à Tournon d’Agenais : « Il y a 55 ans déjà ici même au sein de la ferme familiale de Sergues-Bas où nous nous trouvons ». Le Tournonnais a connu un parcours classique pour la région : école maternelle et élémentaire à Tournon, puis collège à Libos avant d’obtenir un bac scientifique à Fumel en juin 1980. L’époque est au plein emploi dans le Fumélois et Jean-Michel est embauché au sein des parquets Marty en novembre 1980 alors en plein essor. Il y fait carrière pendant 35 ans comme chef d’équipe au vernissage. Le 31 octobre 2015, c’est la fin de l’aventure ! Tarket qui a repris la société baisse pavillon et Jean-Michel fait partie de la dernière fournée à quitter le navire. Licencié économique, il bénéficie de la cellule d’accompagné financée par la multinationale.

Un vieux projet

C’est alors que resurgit dans son esprit un vieux projet qu’il a taquiné lorsqu’il était plus jeune. « Au rugby, j’ai joué pendant de nombreuses années sous les couleurs de l’UST. En cadet, par solidarité pour un des joueurs de l’équipe senior qui s’était blessé lors d’un match, nous avions donné à tour de rôle un coup de main pour s’occuper de ses chèvres. Cela m’avait plu ! », explique-t-il. Le gamin est accroché et envisage même de se lancer à 18 ans dans l’élevage. « Le projet avait finalement avorté et avec Marty j’avais choisi la tranquillité ».
35 ans plus tard, la sécurité de l’emploi a disparu dans la région et Jean-Michel profite du bilan de compétence qui lui est proposé pour vérifier que son projet est viable. Il prend rendez-vous à la Chambre d’agriculture et est heureux de constater que la demande est là ! En effet, on manque cruellement de lait de chèvre. Jean-Michel présente un projet à la laiterie de Caussade « Terra Lacta » qui est justement à la recherche de producteurs. Il lance son exploitation sur le domaine familial où il dispose de prés et d’une ancienne étable à vaches qu’il peut rénover pour recevoir des chèvres.

50 000€ d’investissement

En février 2015, il achète 92 petites chèvres dont trois boucs de 10 jours et les installent dans l’ancienne grange complètement modifiée pour recevoir le troupeau. Une année plus tard, il crée la salle de traite aux normes en ossature bois. Le lait commence à couler fin janvier 2016 et il y a pas mal de travail avec deux traites par jours, matin et soir. Le vieux rêve de Jean-Michel se réalise enfin ! Deux investissements importants ont été réalisés, 30 000€ pour la salle de traite et presque 20 000 pour le mini-dumper qui permet d’évacuer le fumier régulièrement sans peine. Le quai de traite permet de prendre en charge 16 bêtes en même temps.
« Cette première année a été difficile et toute ma prime de licenciement y est passée mais je suis sûr d’avoir fait le bon choix. J’ai signé un contrat pour trois ans avec la laiterie et je commence à recevoir le fruit de mon travail » explique le néo-éleveur. Cet hiver les boucs ont bien travaillé et sur 92 chèvres, 91 ont eu des petits. Jean-Michel a gardé les 24 plus belles pour faire grossir les rangs de son troupeau. « Il reste encore pas mal d’aménagement à réaliser mais je suis content d’être devenu un chevrier. Avec mon nom, c’était quand même un peu prédestiné ! »

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