Jugement à la Salomon


Trois projets culturels étaient en lice pour faire qu’Agen résonne nationalement au niveau culturel. A la clé, une subvention de 200 000 euros pour mener une action ambitieuse, originale et empreinte dans la ville. Si l’un d’entre eux, dénommé Méditerranée, et porté par Philippe Violanti et le Théâtre Ecole Aquitaine a été retoqué car trop cher, les membres de la commission n’ont pas su trancher dans le vif concernant les deux autres. C’est ainsi, que, tel le roi Salomon, elle a décidé de couper le budget en deux… Ou presque. « Instants perchés » et « Folies vocales » récoltent donc chacun 80 000 euros pour mener à bien leur première édition. Le meilleur raflera la mise après jugement sur pied en juillet, de nouveau par un jury constitué.
Le choix a donc semblé bien cornélien au jury présidé par Laurence Maïoroff, adjointe à la Culture et au Tourisme. D’un côté, il y a les valeurs sûres avec « Folies vocales », autour de la voix et de la culture française, mené par des professeurs du conservatoire, Chants de Garonne et le Théâtre du Jour. Il s’appuie sur les chorales des collèges du département pour donner des concerts, compte mener des ateliers de chants, envisage de faire venir Michel Serres pour une conférence et de faire de Béatrice Uria-Monzon la marraine de l’événement… Entre autres…

Solidité sage ou Folie innovante 

Ces « Folies vocales » se dérouleraient du 18 au 21 mai 2017. La manifestation est menée par des structures habituées à travailler ensemble depuis des années mais qui « donne envie de se demander où se trouve la surprise et la nouveauté par rapport au public et au calendrier culturel habituel » remarque Emmanuel Eyssalet, conseiller de l’opposition. « C’est un projet plus sage et plus solide » soulignait Jean Dionis du Séjour, maire de la ville.
De l’autre, il y a « Instants perchés », mené par un collectif récemment constitué de structures culturelles implantées depuis longtemps dans la ville mais qui n’avaient, jusqu’ici, jamais travaillé ensemble. Le Florida, Les Montreurs d’images, La Cie de l’escalier qui monte, le festival de la Prairie et Monte le son se sont regroupés pour monter un événement mêlant différentes expressions artistiques éparpillées dans des lieux incongrus sous des formes parfois insolites. Concerts à la fenêtre le long du boulevard, fêtes des kids dans la salle des Illustres ou encore dandy punk au théâtre, telle est une partie du programme annoncé d’ « Instants perchés » qui se déroulerait en deux fois, en juin et décembre et sur trois jours. « Avec une montée en puissance sur trois ans » ajoute Laurence Maïorroff, adjointe à la culture.
Entre solidité sage et folie innovante, l’équipe municipale attend donc de voir pour trancher… Promesse a été faite que ce serait au plus tard début juillet 2017 afin de permettre aux concernés de mener à bien l’événement pour l’année suivante… Il leur restera alors six mois pour caler la nouvelle programmation, un délai serré même avec un budget plus que doublé.

Annabel Perrin

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