Julien Hériteau, entre blessure, mise au placard et renaissance


Cent-onze minutes. C’est le temps qu’il aura fallu à Julien Hériteau pour montrer qu’il avait bien le niveau du Top 14. Cent-onze minutes, c’est aussi le temps qu’il lui aura fallu pour se blesser au genou. Et changer le visage de sa saison. Contrairement à son coéquipier Taylor Paris, Julien Hériteau a vu ses ligaments croisés être épargnés. Une chance, car au lieu des incompressibles six mois d’absence, le jeune trois-quarts centre s’en est sorti avec quelques semaines. Enfin presque. « J’ai eu besoin de deux mois et demi… J’ai mis un peu trop de temps à revenir », confie-t-il. Pendant ce temps, un autre blessé a pu retrouver les terrains. Un certain Johann Sadie. On connaît la suite. Le Sud-Africain s’est illustré comme l’une des rares satisfactions du délicat exercice 2015-2016, se rendant au passage indispensable au poste de numéro 13 aux côtés du capitaine Lionel Mazars. « Quand les gars devant sont bons, c’est plus compliqué de retrouver sa place, estime Julien Hériteau. Je ne sais pas ce qui se serait passé si je ne m’étais pas fait cette entorse. » La frustration à peine dissimulée, ce pur produit de la formation agenaise sait qu’il avait « la confiance du staff après une très grosse préparation à l’intersaison pour [se] mettre d’entrée dans le bain ». Une fois remis, il n’est réapparu que quatre fois dans le groupe. Un petit remplacement de 15 minutes avant d’être envoyé au charbon à Toulon pour se coltiner Ma’a Nonu, à Montpellier et à Castres. Trois matchs où le SUA a mordu la poussière. Pas vraiment des cadeaux quand on manque de rythme.

Impliqué avec les Espoirs
Dans son malheur, Julien Hériteau a pu s’extirper de la spirale négative de l’équipe fanion pour briller avec les Espoirs qui, de leur côté, règnent sur l’Hexagone. « Le début de saison n’a pas été extraordinaire mais la seconde moitié a été excellente. Je crois qu’on est resté sur huit victoires consécutives avant la défaite contre Pau ce week-end », précise le centre de 21 ans. Premiers de leur poule, les U22 agenais sont directement qualifiés pour les demi-finales. Les barrages décideront qui de Toulouse ou Clermont sera leur prochain adversaire. « J’imagine que sera l’ASM. C’est une équipe très bien armée qui nous avait accrochés ici », ajoute-t-il. Impliqué à 100% avec les Espoirs jusqu’à la fin de l’aventure, Julien Hériteau est heureux de faire partie d’« un groupe qui vit très bien, avec trois à cinq ans de vécu commun et où tout le monde est copain ». Il regrette cependant « un peu » la manière dont il a été mis à l’écart des pros avec lesquels il ne s’entraîne plus depuis plusieurs semaines : « On ne me dit pas vraiment ce qu’on attend de moi. Ce manque de communication est un peu pénible. Mais je sais que Mathieu Blin compte sur moi pour la saison prochaine ». Ce serait en effet dommage de se priver d’un tel talent. La Pro D2 peut lui servir de tremplin. Mais ce sera à condition de ne pas vivre une nouvelle année galère sur le plan physique à l’image des deux précédentes.

Dimitri Laleuf

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