La quête médiévale sous l’oeil de Saggedi


Il arbore un air de fierté en tenant dans ses mains le troisième épisode de « Dieu le veut ». Saggedi, l’auteur et dessinateur de la saga, vient tout juste de découvrir à quoi ressemble son dernier bébé : « C’est un moment particulier, la récompense de huit mois de travail ».

A l’origine de l’oeuvre, Saggedi n’imaginait pas en faire trois épisodes et un quatrième déjà dans les tiroirs. L’idée est venue d’une conversation à bâtons rompus avec son éditeur JeanHerbert Wazgarda : « On se connaissait professionnellement, on avait été amenés à travailler ensemble ». Dans la « vraie » vie, Saggedi est graphiste. Mais il est surtout un passionné de l’époque médiévale et des chevaliers, avec une petite obsession pour un ordre aujourd’hui quasi oublié, celui des Hospitaliers : « Cette attirance pour l’époque des chevaliers date de mon enfance. Elle ne m’a jamais quittée. La seule différence pour l’assouvir, c’est que j’ai à ma portée aujourd’hui des jouets d’adulte ». Et c’est en évoquant  sa passion peu commune que Jean-Herbert lui a suggéré d’en faire une bande-dessinée et promis dans la foulée qu’il l’éditerait.

Histoire et fiction

Saggedi n’en est pas à son coup d’essai en la matière, mais était en passe de lâcher la bulle : « J’en avais assez d’être l’exécutant du scénariste » précise-t-il. Il s’est alors mué pour « Dieu le veut » en auteur et dessinateur, faisant juste appel à un coloriste pour finaliser les planches.

Quant au style de Saggedi, il s’inspire fortement de son passé de maître-verrier : « Dans une vie antérieure, je fabriquais des vitraux. Je construis mes planches comme se découpe un vitrail ». Une originalité qui n’est pas la seule à noter chez Saggedi. « Dieu le veut » est également la seule bande-dessinée évoquant l’ordre des Hospitaliers : « On se penche souvent sur les Templiers. Les Hospitaliers, eux, sont les oubliés de l’Histoire ».

Saggedi s’amuse ainsi à mêler faits historiques au récit sorti de son imagination. Il a créé un personnage, fil rouge de l’aventure, sorte de héros assorti d’une épée sacrée dont le secret est jusqu’ici préservé : « Même si je suis dans un comics, je ne voulais pas d’un héros à l’Américaine. Il n’a aucun super pouvoir, est traversé par des doutes sur sa foi… Je ne voulais pas également d’une histoire manichéenne qui reprend les clichés de l’époque médiévale ». Ainsi Saggedi fait partir sa saga de la chute de la forteresse Krak, située en Syrie, un épisode historique avéré de la guerre sainte.

Si au deuxième épisode, son héros croise l’amour brièvement, le troisième le ramène dans une France dévastée par la peste : « Quant au quatrième, le décor se situera dans le Lot-et-Garonne et le Villeneuvois » précise Saggedi.

Car pour le prochain opus, Jean-Herbert Wazgarda s’est quelque peu mêlé de l’histoire, nourrissant l’ambition d’en tirer un film d’ici quelques temps… : « Et on ne va pas s’arrêter là. D’ores et déjà, on mise sur sept épisodes pour boucler l’histoire que j’ai déjà en tête. Car au fil des albums, « Dieu le veut » s’étoffe de personnages qui amènent de quoi nourrir mon imaginaire ».

Annabel Perrin

Saggedi sera présent au festival de Bande-dessinée
de Sainte-Livrade en dédicace

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