La Tuilerie de Condat perpétue le goût de la tradition


Olivier Deguilhen est le représentant de la troisième génération des membres de sa famille au sein de la Tuilerie de Condat à Fumel qui fabrique traditionnellement des tuiles, bien sûr, mais aussi des carreaux, des briques et des briquettes. L’aventure a commencé quand son grand-père s’est installé dans ce même lieu sur la route de Bonaguil au début des années 50. Ce dernier était locataire de la famille Dufour.

Jusqu’à cent tuileries dans le Lot-et-Garonne

Le succès aidant, le père de Bruno réussit à racheter l’endroit lorsqu’il en devient le gestionnaire. A l’époque, il y a une centaine de tuileries dans le Lot-et-Garonne dont deux à Condat. « C’était avant l’apparition des grandes surfaces, explique Olivier Deguilhen. On allait encore chercher l’argile dans le Lot tout proche. Aujourd’hui, ces gisements sont épuisés et l’on doit se servir un peu plus loin.» Olivier grandit dans ce terreau. Comme son grand-père et son père, il devient tuilier sur le tas : « Ce n’est pas un métier que l’on apprend dans une école. Je n’ai pas de diplôme, j’ai tout appris ici ».
Et ce métier, Olivier le connaît sur le bout des doigts et prend toujours beaucoup de plaisir à l’expliquer à ses visiteurs : « Tout commence avec la réception de la terre qui provient maintenant d’un gisement situé à Cahors ou du Bordelais. Elle est stockée dans des compartiments puis acheminée mécaniquement dans le broyeur ou elle est mouillée, malaxée avant de remonter jusqu’à un laminoir et à un moule nommé filiaire qui lui donne une forme puis passe à la découpe ». Il existe de nombreux gabarits différents et il est même possible d’en créer de nouveaux à la demande du client. « C’est notre force, nous pouvons fabriquer n’importe quel modèle, même ceux qui ne sont plus commercialisés depuis des dizaines d’années », explique Olivier.

Une cuisson de 30 heures à 1020°

Les éléments fabriqués sont ensuite déplacés manuellement vers un séchoir ou ils vont rester pendant cinq à huit jours pour connaître un premier durcissement. « Vient ensuite le temps de la cuisson. Les éléments séchés sont disposés sur un wagon où certaines règles d’espacement doivent être respectées pour que le feu passe partout », indique Olivier. Le wagon est enfourné pendant 24 à 30 heures. La température de cuisson monte jusqu’à 1020° puis le four refroidit pendant 2 à 3 jours jusqu’au moment où l’on peut enfin l’ouvrir. Certains produits sont ensuite émaillés pour être vendus comme objets de décoration. Des carreaux de salle de bains ou de cuisine pour le sol ou pour les murs, des dessous de plats : « Vu nos procédés 100 % artisanaux, il s’agit à chaque fois de pièce unique ». Depuis quelques temps, ces pièces sont vendues à l’Office de tourisme de Fumel et à l’entrée de la Tuilerie. Olivier Deguilhen souhaite développer les visites guidés qui ont été mises en place en partenariat avec l’OT. « Pour les touristes mais aussi pour les locaux qui s’intéressent aussi beaucoup au patrimoine artisanal et industriel du territoire », précise Olivier.  Un show-room des produits fabriqués par la Tuilerie devrait également voir le jour à l’entrée du bâtiment ainsi que des aménagements qui permettront aux visiteurs d’apprécier encore mieux l’histoire de cette tradition toujours aussi bien ancrée à Condat et dans la famille Deguilhen.

Site Internet : http://tuilerie-condat.com –
Contact : 05 53 71 15 06

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