« La vie va reprendre, mais on n’oubliera jamais »


L’urne est bien en place, à la mairie, pour recevoir les dons, les messages de soutien des habitants. « Depuis le drame, ça n’arrête pas, les gens passent pour parler, se confier demander s’il peuvent faire quelque chose », raconte le maire Bruno Dubos. C’est pour cela que la municipalité a organisé une cagnotte en ligne (lire ci-contre, NDLR). « On espère que les contribution, même modestes, mettront du baume au coeur de ces enfants. Leur commune ne les oublie pas. »

« La peur ne m’a pas quitté »

Car depuis mercredi 2 décembre, la ville de Foulayronnes compte deux orphelins de 5 et 10 ans, dont les parents ont été assassinés par Jean-Claude Petitfaux. Ce dernier s’est pendu dans sa cellule vendredi soir alors qu’une mise en examen lui avait été signifiée et laissait présager des années à l’ombre. « C’est une honte, lâche Catherine, croisée sur le parking de la pharmacie du Caoulet. Il a détruit une famille, il ne répondra jamais de ses actes. » Avec son mari Stéphane, eux-mêmes parents de trois enfants, une fois le drame connu, « cela a été quatre jours de choc ». « Le lundi, quand j’ai dû amener mes enfants à l’école, je les ai regardés un peu plus longtemps que d’habitude, se souvient le papa. C’est débile je sais, mais la peur ne m’a pas quitté. »
A l’arrêt de bus situé en face, il y a trois jeunes qui viennent de descendre. Ils habitent dans les immeubles qui bordent la RN21. « Les flics, on les a vus passer toute la journée. On était comme dans une série mais ça faisait bizarre… On se disait que ça n’arrivait qu’à la télé », explique Thomas, collégien de 16 ans. Hamid, même âge, n’en revient toujours pas : « Ici c’est un village. Un tag c’est déjà le dawa (bordel, NDLR) alors deux meurtres… Mes parents m’ont dit que je ne devais pas sortir du week-end. »

Marche blanche prévue

Sur le parking en contre bas de la mairie, « l’affaire » n’est pas close avec le suicide de l’auteur des faits. « Ca fait une semaine qu’on parle de meurtres, d’orphelins… Ca ne doit pas arriver, pas ici », tempête Christian. Ce commercial de 44 ans est Foulayronnais depuis un an. « Avec mon épouse on voulait le calme de la campagne, et là ça fait une semaine qu’on a la rage contre tout. La vie va finir par reprendre, mais on n’oubliera jamais. J’en ai même marre d’en parler. » Comme à l’institution Felix-Aunac où étaient scolarisés les enfants du couple et où la cellule de soutien psychologique a vu défiler des dizaines d’enfants. « Plus de commentaires », fait-on savoir. Un silence rempli d’empathie, comme la future marche blanche que la commune souhaite organiser avec l’accord de la famille.

Gauvain Peleau-Barreyre

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