L’aéroport d’Agen sous surveillance


Y aura-t-il un pilote dans l’avion pour faire Agen-Paris ? Y aura-t-il tout simplement un avion ? L’avenir de la ligne aérienne qui relie l’aéroport de la Garenne à celui d’Orly est en suspens. Le Conseil régional Nouvelle-Aquitaine, qui étudiait lundi sa stratégie aéroportuaire en séance plénière, a placé le cas lot-et-garonnais « sous observation des effets de la LGV » jusqu’au 30 juin 2018. Une décision qui fait suite à un amendement déposé par le groupe UDI, dirigé par Jean Dionis du Séjour, président de l’Agglo d’Agen. Cette manœuvre déterminera, selon l’évolution du trafic de passagers, la subvention allouée par la Région à cette infrastructure déficitaire. En l’état actuel des choses, Agen-La Garenne est considéré par l’instance régionale comme « un aéroport local de proximité » au même titre que Périgueux ou Angoulême. Cela signifie que l’obligation de service publique (OSP) qui maintient la ligne jusqu’en janvier 2019 peut « être remise en cause à court ou moyen terme ». « Cette politique nous assimile à des aéroports en voie de disparition, estime Jean Dionis. C’est une erreur d’appréciation. Périgueux accueille 6 000 passagers par an. A Angoulême, la fréquentation est quasi nulle. Nous, nous sommes à 40 000 passagers annuels… Il faut plutôt nous amalgamer avec Brive. » L’aéroport de la sous-préfecture corrézienne est quant à lui jugé « nécessaire au désenclavement du territoire ». Un détail qui a toute son importance d’un point de vue financier.

« Patriotisme lot-et-garonnais »

Dans son plaidoyer, Jean Dionis s’attarde sur la comparaison entre le rail et la voie aérienne pour la clientèle d’affaires. « Agen n’est pas une ville LGV, martèle l’élu. Dans le meilleur des cas, la liaison Agen-Paris s’effectue en 3h17. Et les horaires ne correspondent pas aux besoins des acteurs économiques qui souhaitent une journée complète de travail sur Paris. Le premier train part à 5h26. Autant dire qu’il n’existe pas commercialement. Le train de 6h26 nécessite une correspondance et met 3h44. Celui de 7h51 arrive à 11h08. » L’avion permet de son côté d’atteindre le centre de la capitale à 9h30, « même en cas de bouchons », assure le président de la CCI Alain Brugalières. « Mon pronostic, c’est que la clientèle professionnelle va rester attachée à l’avion », avance Jean Dionis. L’édile souligne aussi que la présence d’une ligne aérienne à Agen s’est déjà montrée « décisive dans des dossiers économiques majeurs » : « Sans elle, nous aurions perdu la compétition pour l’Enap. C’était aussi très important pour BMS-UPSA. C’est un dossier de patriotisme lot-et-garonnais, un dossier économique. On parle ici de l’attractivité du territoire vis-à-vis des entreprises ». Les conclusions de cette période d’observation seront très importantes pour la suite. Avec la loi NOTRe, la compétence transport est passé du Département à la Région. Le Syndicat mixte pour l’aérodrome départemental (SMAD) perd ainsi son principal financeur et ses 2 millions d’euros par an. Le CD 47 n’en avait de toute façon plus les moyens. Il est donc vital que la Nouvelle-Aquitaine apporte ses deniers. Sinon la ligne disparaîtra, causant de sérieux dommages collatéraux. « Si on perd cette arbitrage, c’est la fin pure et simple de l’aéroport », prévient Jean Dionis. Et la compagnie HOP ! n’est pas seule à y travailler…

Dimitri Laleuf

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