L’affaire des cèdres de retour au tribunal


C’est à l’ombre d’essences connues que se tenait le raout d’avant-procès sur la place Armand-Faillières d’Agen. « Mais ces arbres-là on n’y touchera pas, à moins qu’on nous le demande », lance un agriculteur, chasuble Coordination rurale 47 sur le dos et sandwich à la main. Ils étaient une cinquantaine, lundi après-midi, à être venus soutenir sept de leurs collègues avant leur jugement en appel. Du pique-nique au prétoire, il n’y a que quelques mètres que ces militants commencent à bien connaître.

Un jugement « disproportionné »
C’est la troisième fois qu’ils ont affaire aux magistrats agenais pour les mêmes faits. Ils remontent au 10 octobre 2014, sur le territoire du villeneuvois où, du parking du stade de Casseneuil au Centre de formation des apprentis agricoles de Sainte-Livrade, des faces à faces entre gendarmes et militants de la CR47 ont dégénéré. Ces derniers étaient venus abattre deux cèdres, et chasser du coup les militants écologistes qui les protégeaient, pour que le chantier du CFA débute.
Le résultat de cette chaude journée d’octobre : deux arbres centenaires à terre, trois gendarmes et deux manifestants blessés, des ITT et des plaintes déposées. Un premier jugement, en février 2015, avait pointé la responsabilité de la CR47 en condamnant son président Patrick Franken et six de ses adhérents à 18 800 euros de dommages et intérêts et à de la prison (10 mois pour la plus lourde) assortie de sursis simple.
Une issue qualifiée de « disproportionnée » par les membres du syndicat agricole qui se sont expliqués en appel. Étaient-ils dans le cadre d’une manifestation qui aurait dû être déclarée en préfecture ? Ont-ils eu l’autorisation du responsable du chantier pour passer à l’action sur les arbres ? Enfin qui a blessé les représentants des forces de l’ordre ? Comment cela s’est déroulé ?

Arrêt prévu le 13 avril
Le président de la cour d’appel et le procureur général ont retissé le fil des événements. Les deux parties, gendarmes et militants, se sont fait face et ont parfois rejoué la joute, verbalement cette fois, qui les avait opposés il y a plus d’un an.
Le procureur général a conclu en requérant les mêmes peines pour cinq des sept prévenus, réduisant d’un mois les peines des deux derniers. L’arrêt de la cour a été mis en délibéré jusqu’au 13 avril.   

Gauvain Peleau-Barreyre

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés