L’Agglo d’Agen sensibilise et se prémunit contre les inondations


« Tous les maires de communes touchées par d’importante crues ont bien conscience, qu’à l’heure actuelle, leurs administrés n’ont aucune culture du risque d’inondations » explique Pierre Delouvrié, maire de Saint-Hilaire-de-Lusignan et vice-président de l’Agglomération d’Agen en charge de la Protection contre les crues. L’Etat a, quant à lui, défini 122 territoires à risque important d’inondations (TRI) dont deux en Lot-et-Garonne, un sur l’Agenais et un sur le Marmandais, avec comme objectif d’inciter ces zones à mettre en place une stratégie locale de gestion des risques d’inondations. A travers trois actions, l’Agglomération d’Agen s’est donc lancée dans un projet préventif, pédagogique et informatif, en direction de la population. D’abord, courant 2017, 19 repères de crues et 17 échelles limnimétriques ont été installés dans neuf communes (les huit ayant été victimes de la crue décennale de la Garonne comme Agen, Le Passage, Saint-Nicolas-de-la-Balerme ou encore Saint-Hilaire-du-Lusignan plus le village du Pont-du-Casse, victime des crues de la Masse en 1993).

Julien Delange, technicien hydraulique et environnement à la communauté d’agglomération d’Agen, a également réalisé trois cartes dynamiques, consultable sur le site de la collectivité, présentant l’expansion progressive des crues sur l’ensemble de l’Agenais. Cela permet de visualiser la zone inondable de la Garonne lors de la crue de 1875, tout en prenant compte les différents aménagements réalisés sur le fleuve depuis 1983. Une exposition photo itinérante retraçant les crues de ces dernières années a été aussi créée pour sensibiliser notamment les plus jeunes à ces aléas climatiques. A destination des communes cette fois-ci, deux outils informatiques ont été mis en place. Le premier, mypredict, permet de suivre en temps réel les conditions climatiques et le deuxième, téléalerte, offre aux communes la possibilité d’avertir leurs administrés, par message vocal, sms ou internet, en cas de risques climatologiques.

61 millions d’euros investis depuis 1986

Pierre Delouvrié a ensuite tenu à rappeler les importants travaux de protection contre les crues effectués de 1986 à 2011 et qui ont coûté pas moins de 50 millions d’euros à la collectivité (anciennement District d’Agen). Il a également ajouté qu’une dernière tranche serait réalisée à l’horizon 2020, pour un montant avoisinant les 11 millions d’euros. Elle concerne les 1,7 km de berges entre le rond-point Saint-Jacques (hôtel du département) à Agen et le rond-point Riols à Boé ainsi qu’un petit tronçon au niveau du quartier Valence à Agen. « A la fin de ce chantier, on en aura terminé avec ce schéma de protection de l’agglomération qui concernera en tout près de 60 000 habitants » a-t-il indiqué. Si le risque zéro n’existe pas comme l’a rappelé Jean-Yves Caron, directeur général adjoint en charge de l’eau et des transports, « les populations seront protégés à 95% des cas ». Il a cité le quai Baudin, inondé lors des crues de 1977 er 1981 et qui, depuis, résiste aux caprices du fleuve, ou encore la protection de l’église Saint-Pierre-de-Gaubert à Boé qui a échappé aux eaux en février 2003. Rappelons qu’une crue de la Garonne est la conséquence de fortes précipitations sur l’un des deux massifs des Pyrénées ou du Massif central. La conjonction des deux engendre des inondations importantes comme ce fut le cas le 4 mars 1930 où la Garonne avait dépassé les dix mètres de hauteur !  

Simon Galinier

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