Laporte : «Se réhabituer à gagner à Armandie !»


L’Hebdo : Pouvez-vous brièvement vous présenter au grand public ?

Clément Laporte : Je suis Landais d’origine et j’ai débuté le rugby à Parentis-en-Born (Ndlr : comme un certain Baptiste Serin) où j’ai évolué des Poussins jusqu’aux Minimes. Je suis ensuite parti deux ans au CABBG (Club athlétique Bordeaux-Bègles Gironde) et j’ai intégré dans le même temps la structure Pôle Espoirs à Talence. J’ai finalement atterri à Agen chez les Crabos et depuis trois saisons je porte les couleurs du SUA LG. Lors de ma première année, j’ai accumulé les blessures au ménisque et aux ischios. Mais après une année dernière où j’étais beaucoup au Pôle France à Marcoussis, j’ai signé cet été mon premier contrat espoir de deux saisons et j’ai tout de suite intégré la préparation estivale et les matchs amicaux du groupe pro. En ce qui concerne mon profil, je suis un joueur d’évitement, un relanceur qui aime prendre les intervalles avec de la vitesse. Je me sens vraiment plus à l’aise à l’arrière plutôt qu’à l’aile où j’ai finalement peu joué durant ma jeune carrière.

L’Hebdo : Comment avez-vous vécu votre premier titularisation chez les professionnels, il y a quinze jours, à Toulouse ?

C.L. : On (ndlr : les jeunes du groupe qui honorait leur premier match chez les pros) a eu l’avantage d’être prévenus en amont par le staff qu’on ferait parti du déplacement. Dès le mardi on connaissait le XV qui débuterait à Toulouse ce qui nous a permis de bien nous préparer aussi bien mentalement que physiquement à jouer notre premier match de Top 14. Commencer sa carrière à Ernest-Wallon était un moment fort en émotion car le Stade Toulousain est une équipe que je suis à la télévision depuis tout petit. Je me souviens notamment de l’époque des Poitrenaud, Heymans ou plus récemment Médard, des joueurs qui ont vraiment marqué ma jeunesse et mon jeu. En plus, la coïncidence a fait que je retrouvais Romain Ntamack, un bon copain du Pôle France, qui lui aussi effectuait ses premières minutes en Top 14.

L’Hebdo : Maintenant, le plus dur est d’y rester dans ce groupe pro ?

C.L. : Bien sûr, tous les jeunes joueurs de l’effectif aspirent à s’installer dans cet effectif. Le week-end dernier, j’ai encore eu la chance d’être rappelé dans le groupe pour être remplaçant face au Lou. C’était à la fois une surprise et une vraie satisfaction de fouler la pelouse d’Armandie face au leader du championnat. Cela restera un moment émouvant dont je me souviendrai toute ma carrière.

L’Hebdo : Que retenez-vous de cette troisième défaite à domicile ?

C.L. : Tout le groupe avait vraiment envie de réaliser quelque chose de grand face à Lyon mais malheureusement il nous a manqué pas mal de choses pour l’emporter. La commotion cérébrale contractée par notre capitaine Antoine Erbani à l’échauffement a été un coup dur pour l’équipe. Cela nous a un peu perturbés mais nous a aussi donné de la motivation supplémentaire en rentrant sur la pelouse. On avait d’ailleurs relativement bien entamé la partie mais nous n’avons pas marqué et les Lyonnais ont su être réalistes et imposer leur rythme. Leur pack nous a posé des problèmes en conquête, secteur où l’on avait pour objectif de faire du 100%. On savait que face au Lou il fallait être souverain sur nos fondamentaux pour avoir de bons lancements, sortir proprement de notre camp et ne pas leur rendre trop de munitions mais ça été très compliqué. Dans les vestiaires, le groupe était énormément déçu du résultat mais il faut vite passer à autre chose et se projeter sur la suite de la saison.

L’Hebdo : A titre personnel, comment vous sentez-vous dans ce vestiaire ?

C.L. : Je me sens vraiment bien au sein de ce collectif. Les anciens comme Florian Denos ou Mathieu Lamoulie sont des super mecs qui m’aident et me conseillent dans le vestiaire. Même la nouvelle génération, incarnée par Paul Abadie, Denis Marchois ou Antoine Miquel, facilite notre intégration. Un groupe professionnel est toujours différent d’un effectif espoir où tu évolues avec tes copains. Là nous sommes des partenaires d’entraînement et les affinités se créent au fil du temps. C’est très plaisant de bosser tous ensemble. Cette exigence avec nous-mêmes bonifie toutes les séances d’entraînement.

L’Hebdo : Le staff actuel semble beaucoup miser sur les jeunes issus de la formation agenaise, n’avez-vous pas trop de pression à votre jeune âge ?

C.L. : Bien au contraire, je crois que pour nous c’est une chance que le staff nous fasse confiance même sur des matchs importants à domicile contre des grosses écuries comme le leader lyonnais. C’est vraiment encourageant et cela nous oblige à nous faire violence pour nous mettre rapidement au niveau. On est surmotivés et cela permet de tirer le groupe vers le haut. Cette concurrence, même pour les anciens, est saine et bénéfique.

L’Hebdo : Place désormais à l’intermède européen et aux deux oppositions face à Parme et Gloucester, une nouvelle occasion pour les jeunes du club de pointer le bout de leur nez…

C.L. : Ces matchs européens permettront de faire tourner l’effectif et donc, pour certains joueurs de se montrer à leur avantage. Le groupe de Challenge Cup est un mélange entre anciens et jeunes, c’est donc intéressant pour l’intégration. Je crois que l’on a une équipe vraiment compétitive pour viser la gagne et jouer cette coupe à fond.

L’Hebdo : Il sera essentiel de renouer avec le succès et de faire le plein de confiance après cette série de cinq défaites consécutives ?

C.L. : Oui tout à fait, c’est primordial de regoûter aux joies de la victoire et c’est exactement ce qu’on s’est dit dans le vestiaire après la défaite face au Lou. Ce sont des matchs de préparation pour le championnat, il va donc falloir être très sérieux et l’emporter face aux Zèbres. On sait que la saison va être longue et il faut donc faire le plein de confiance avant de retrouver ce Top 14 qui sera très serré jusqu’à son dénouement. Il faut absolument que l’on se réhabitue à gagner dans notre antre d’Armandie.

Simon Galinier

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