L’austérité fait l’unanimité… Ou presque


Lundi soir, le conseil municipal dédié au débat d’orientations budgétaires (DOB) pour l’année en cours était guidé par l’« austérité ». Ce mot tabou en politique nationale a trouvé toute sa place dans les interventions des élus agenais. Le premier d’entre eux, le maire Jean Dionis, a ainsi débuté la séance : « En 25 ans de vie municipale, je n’ai pas souvenir d’avoir eu beaucoup de DOB aussi en rupture ». La baisse de dotation de l’État représente  : « 2,7 millions d’euros en moins pour les caisses de la ville sur quatre ans. Cela se gère, mais c’est sévère », a précisé le premier édile.

Bernard Lusset sort les ciseaux
Grand argentier de la majorité, Bernard Lusset a dévoilé les conséquences de la cure d’amincissement forcée : baisse des dépenses de fonctionnement et de l’investissement. Tout en ayant en tête le calendrier rappelé par le maire : « 2015, début des études sur les grands projets. 2016, démarrage des travaux et 2017 livraison ». La rénovation urbaine d’Agen Coeur Battant 2 est à ce prix.

Le compte n’y est pas à gauche
La facture présentée par la majorité de centre-droit n’est pas du goût de l’opposition. C’est Emmanuel Eyssalet qui dégaine le premier. « Vos chiffres sont une couverture vous autorisant à faire plus d’économies, baisser les subventions et le périmètre d’intervention de la ville », a lancé le chef de file du PS. L’élu pointe les oublis, volontaires selon lui, d’un budget qui retiendrait le scénario le plus pessimiste. Jean-Philippe Maillos, pour le Front de gauche, estime que le principe du non-remplacement des fonctionnaires territoriaux, ou encore les taux d’imposition élevés, sont une  « rigueur qui bousille les indicateurs sociaux et économiques d’une société. Le personnel ne doit pas payer le prix de l’austérité dont ils ne sont pas responsables ».

Unité municipale
Contestation sur les taux d’imposition, sur la pertinence des grands travaux et sur la manne publique : les sujets de divergence ne manquaient donc pas. Mais les édiles de droite et de gauche ont tout de même trouvé un terrain d’entente pour faire rentrer de l’argent. C’est Emmanuel Eyssalet, appuyé par Jean-Philippe Maillos, qui a évoqué le levier fiscal d’une taxe sur les logements vacants en centre-ville. « Une bonne idée », selon Jean Dionis, lui aussi relayé par son adjoint aux Finances, toutefois plus nuancé. « C’est une vraie piste, mais c’est compliqué à mettre en place et facile à détourner. Mais j’y suis favorable. »
Après deux heures de débat, les élus se sont donnés rendez-vous pour le prochain conseil municipal où le budget 2015 sera, cette fois-ci, soumis à l’approbation des édiles.

Gauvain Peleau-Barreyre

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