Le bassin de vie se mobilise


C’est bien souvent dans la difficulté que les hommes se rappellent qu’ils sont plus forts en groupe que tout seul. Dans le Fumélois, la situation économique est plus que délicate depuis de nombreuses années. La menace qui plane sur le classement en zone prioritaire des écoles a terminé de convaincre les derniers sceptiques que l’heure de la mobilisation avait sonné.

1 000 personnes défilent
Ainsi, samedi dernier, à l’appel du collectif de défense de la Zone d’éducation prioritaire (ZEP), près d’un millier de personnes était dans la rue. Parents, enfants et enseignants étaient bien sûr présents mais ils n’étaient pas seuls.
En effet, le collectif de défense de l’emploi faisait cause commune. Pour Serge Luis, représentant syndical CFDT à Tarkett (ex Parquets Marty), tout est lié. « On veut vivre, travailler et éduquer nos enfants ici, si l’on ferme des écoles ou les hôpitaux alors où va-t-on ? » Il regrettait « que la manif n’ait pas attiré encore plus de monde, la faute à la pluie sans doute… »

La Parqueterie va fermer
La parqueterie de Cuzorn, qui a compté jusqu’à un demi-millier de salariés, va fermer ses portes à la fin de l’année. La multinationale doit encore régler quelques subsides à ses salariés mais traîne des pieds pour cela. « La loi dit que les indemnités doivent être à la hauteur des moyens de l’employeur » indique Serge Luis.
Pour lui, le projet de reprise annoncé par Jean-Louis Costes, député-maire de Fumel (voir plus loin), « c’est du vent à des fins électoralistes… ». Du côté de Métaltemple, les nouvelles ne sont guère meilleures. William Boucharel, délégué syndical CGT de l’usine, est sur la même ligne que Serge Luis : « Je me réjouis de voir que les habitants du Grand Fumélois prennent conscience de la situation et se mobilisent. Un emploi industriel détruit, c’est quatre emplois induits qui disparaissent et tous les services publics qui sont menacés ! »

La mobilisation continue
Il ne reste aujourd’hui plus que 133 salariés à « l’usine ». Leur jours sont sans doute comptés et le rendez-vous au tribunal de commerce de Chambéry du 19 janvier prochain est attendu avec beaucoup d’appréhension par les salariés. On comprend mieux à la lecture de cette situation, pourquoi le courrier du recteur qui annonce que « la situation s’améliore » sur le bassin a mis le feu aux poudres.
Ainsi, la mobilisation du collectif de défense de la ZEP continue. Après le succès de la manif de samedi dernier, un bus est parti vers Bordeaux pour aller à la rencontre du recteur. « Le soutien de la population nous a fait chaud au cœur samedi » explique la porte-parole du collectif, Sandrine Milhet. La décision n’est pas encore arrêtée et les Fumélois entendent bien faire changer d’avis l’Académie.

Les politiques en renfort
Samedi, tous les politiques du secteur, qu’ils soient de droite ou de gauche, étaient en première ligne pendant la manifestation. Le collectif espère que suite aux démarches de Daniel Borie (voir plus loin), la ministre acceptera de revoir sa copie. « En tous cas, nous continuerons à faire du bruit afin que notre territoire continue de vivre. Des actions fortes sont d’ailleurs déjà en préparation » conclue Sandrine Milhet.

 

Réaction : « Fumel se mobilise ! » //

Daniel Borie, conseiller général du canton de Tournon d’Agenais, était présent au Congrès des maires, la semaine dernière. Il en a profité pour interpeller Najat Vallaud-Belkacem sur les problèmes du Réseau d’Education Prioritaire (REP) en Lot-et-Garonne : « Après m’avoir écouté, son cabinet a pris la relève et m’a reçu au ministère de l’Éducation nationale jeudi.
J’ai dépeint la situation économique et démontré que les critères qui ne permettent pas au Fumélois de basculer de Réseau de Réussite Scolaire (RRS) en REP étaient erronés ».
« Le ministère a pris acte et le recteur m’a joint hier soir pour me confirmer que la suppression du REP en Fumélois n’était pas arrêtée et qu’il s’engageait à réétudier sa position initiale.
En cas de non éligibilité, j’ai obtenu de la ministre que le Fumélois intègre un dispositif exceptionnel réservé à une  dizaine de territoires seulement en France qui permettrait au Fumélois de conserver les mêmes moyens qu’actuellement pendant 3 ans ».

Jean Louis Costes, député-Maire de Fumel a annoncé que : « Plusieurs sociétés ont répondu positivement aux sollicitations du député. Le site de Tarkett Bois à Cuzorn sera repris et reconverti en un pôle d’activités autour du bois et de l’énergie. Celui-ci permettra la création d’un nombre important d’emplois sur le bassin Fumélois ».
Jean-Louis Costes se satisfait de voir que ses démarches ont abouti : « C’est une excellente nouvelle et la démonstration que notre territoire tout entier a du potentiel quand on sait le défendre. J’aurai d’ailleurs d’autres bonnes nouvelles à annoncer très prochainement dans le domaine économique ».

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