Le budget fait des remous


La salle était surchauffée ce mercredi soir pour le conseil d’agglomération du Grand Villeneuvois. Entre une opposition remontée et un public venu en nombre, les débats ont été vifs et ponctués de réactions sonores en début de séance. Une ambiance peu habituelle pour un conseil communautaire qui, jusqu’à présent, se déroulait plutôt dans le calme. L’essentiel des échanges ne s’est pas cependant porté sur les questions mises en délibération mais sur un sujet devenu épineux depuis cet été : le budget. Car, deux heures avant le conseil d’agglomération, le bureau communautaire s’était réuni pour mettre à plat les finances de la CAGV. Et le président de l’agglomération a ouvert la séance en informant l’ensemble des élus du contenu de la réunion : « Nous n’avons rien à cacher sur les finances de l’agglo. Nous avons une crise de nos ressources » lançait d’emblée Patrick Cassany. Il est ensuite revenu plus en détail sur une situation provoquée par « des investissements décidés il y a quatre et cinq ans, votés pour la plupart à l’unanimité sans que nous sachions que les règles du jeu allaient changer », évoquant la baisse soudaine des dotations de l’État. Patrick Cassany est ensuite revenu sur les solutions envisagées pour remettre à flot un budget qui accuse aujourd’hui une baisse de deux millions d’euros de recettes… Il a ainsi confirmé le non renouvellement des départs en retraite d’agents, la suppression du salon objectif emploi… Et l’abandon d’une proposition qui avait fait polémique : celle de restituer la compétence petite enfance et le stade de Laroque aux communes du Roquentin.

Augmentation des impôts ?
L’opposition, via la voix de Lionel Falcoz, maire de Laroque-Timbaut, a alors réclamé la transparence : « Je demande que tous soient au courant de la situation déficitaire de l’agglo, des chiffres que nous avons eu en huis clos, il y a deux heures. Nous devons la vérité aux quelque 50 000 habitants qui vont voir demain leur taxe d’habitation augmenter de 21% entre 2015 et 2016 ». « Soit 8 euros » précisait Patrick Cassany. Pierre-Jean Pudal, maire de Sainte-Livrade, enfonçait le clou un peu plus tard en accusant le président et les vice-présidents de les avoir trompés : « Ce n’est pas un procès que l’on vous fait, c’est un constat. Vous nous avez certes fourni les chiffres du budget mais sans en souligner l’état catastrophique ». S’en est suivi un échange musclé à coups de chiffres entre ce dernier et Claire Pasut, déléguée aux Finances, qui n’était pas sans rappeler ceux échangés lors des dernières municipales livradaises… « Dommage que le débat tourne à la politique partisane » regrettait Jean-Claude Maxant, maire de la Croix-Blanche. « Moi-même, je suis déçu que l’on s’aperçoive aussi tard de la situation réelle des finances. Mais aujourd’hui, il faut tourner la page et il est nécessaire que l’on fasse un réel audit sur le transfert de compétences au sein de l’agglo, différentes sur un même territoire ». Une porte ouverte que Patrick Cassany s’est réjoui de pouvoir prendre.

Annabel Perrin

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