Le combat d’une mère pour l’avenir de son fils


Marie-Ange Frayssinet est fatiguée. C’est avec le coeur lourd et les yeux rougis qu’elle s’est décidée à rendre public son combat. Celui d’une mère qui souhaite que son enfant en situation de handicap soit scolarisé dans le cursus dit traditionnel. Benjamin, 8 ans et demi, ne va, pour l’instant, qu’une demi-journée par semaine à l’école de son village de Cauzac. Le reste du temps, il est à l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) de Penne d’Agenais. « Enfin il n’y est plus, je l’ai sorti vendredi, cet établissement n’est pas équipé pour s’occuper des enfants comme Benjamin, un enfant sociable, qui suit en classe. » Une décision radicale à la hauteur des frustrations qui ont accompagné la famille dans son combat pour offrir une vie « classique » au petit dernier. Premier combat, celui qui a permis de poser un premier diagnostic sur la pathologie de Benjamin : dyspraxie et trouble du déficit de l’attention. Plusieurs années et psychologues plus tard, ce verdict n’est toujours pas définitif. Le handicap de Benjamin est tout de même reconnu et pris en charge. Deuxième lutte et non des moindres à en croire Marie-Ange Frayssinet, se faire entendre de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Je leur ai demandé de scolariser Benjamin dans l’école de mon village, avec l’aide d’un auxiliaire de vie scolaire, explique la maman, mais ils ne m’ont pas écoutée, ils m’ont mise plus bas que terre. C’est très dur dans le coeur d’une maman de s’entendre dire qu’on enferme son enfant dans le handicap. » La MDPH propose quand même deux demi-journées en milieu scolaire traditionnel au lieu d’une actuellement. Pour la  famille Frayssinet, c’est une fin de non-recevoir.

Solution avant la rentrée ?

C’est alors qu’entre en jeu l’association de Jean-Michel Fernandez, Dys’Solutions France 47, qui oeuvre à l’accompagnement des familles dont un membre est atteint de troubles dys- (dyslexie, dysphasie, dyspraxie..). Pour ce dernier, c’est bien la MDPH 47 qui souffre de troubles de l’écoute : « Ils ne tiennent pas assez compte du projet de vie des familles et ne motivent jamais leur refus d’attribuer un AVS ». C’est en se basant sur les textes de loi Handicap de 2005 que l’association a introduit deux recours pour contester cette « orientation forcée » en institut spécialisé.
Du côté de la MDPH, on est bien au courant du dossier de Benjamin. Sophie Borderie, présidente de la MDPH, rappelle que la famille avait accepté dans un premier temps la scolarisation en ITEP et affiche sa confiance en le professionnalisme des membres de la structure. « Je comprends la difficulté de la maman, explique-t-elle, nos décisions sont basées sur des outils réglementaires mais nous n’allons pas la laisser tomber. » Avant de lâcher du lest, en attendant le résultat des recours gracieux et contentieux. « La situation peut être réévaluée, les commissions se réuniront pour trouver, sans doute, une solution avant la rentrée. En tout cas cela montre que la MDPH est ouverte aux recours et à la discussion. »
De quoi rapprocher un peu plus Benjamin de son école située à 800 mètres de la maison familiale ? Réponse dans les jours à venir.

Gauvain Peleau-Barreyre

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