Le ministre multiplie les annonces à l’Enap


Les temps changent mais les messages restent les mêmes. L’institution qui forme les surveillants pénitentiaires est un passage obligé pour les ministres de tutelle. C’est néanmoins dans un contexte plus tendu que la venue de Jean-Jacques Urvoas est intervenue. Quand sa prédécesseure Christiane Taubira était sur ces mêmes terres en 2014, point d’état d’urgence ni de tensions (du moins trop visibles) au sein des syndicats de la pénitentiaire. Jean-Jacques Urvoas est ainsi le premier garde des Sceaux à venir rappeler « tout l’attachement personnel et du gouvernement » envers ces personnels qui constituent « la troisième force de sécurité du pays ». Un appel à la fierté qui faisait écho au discours tout aussi volontariste de la nouvelle directrice de l’institution, Sophie Bleuet, qui avait déclaré en début d’année vouloir « rendre la fierté » aux élèves surveillants.

Recrutement, fouilles, 14-Juillet
La parole du ministre a donc résonné particulièrement aux oreilles des plus de 800 élèves qui finissaient leur formation et qui s’apprêtaient à prendre poste dans les prisons de France. La 189e promotion, baptisée du nom d’un surveillant que la maladie a emporté, a été très attentive aux annonces faites par le ministre. Après les mouvements sociaux qui avaient presque mis en péril la fin de formation de la précédente cuvée, le membre du gouvernement a multiplié les gestes de bonne volonté envers la pénitentiaire. Fermeture de la centrale de Clairvaux, 2 500 postes ouverts au recrutement l’année prochaine, présence pour la première fois dans le défilé du 14-Juillet, retour des fouilles au corps… Avec la saisie de 31 000 téléphones portables et de 1 400 armes en 2015, le renforcement de la sécurité derrière les murs des prisons était une demande de la base qui a déploré près de 4 700 agressions contre le personnel l’année passée.
Des annonces générales qui n’ont pas laissé de place aux sujets plus lot-et-garonnais. Du suicide en prison du suspect du double homicide de Foulayronnes en décembre 2015 en passant par l’arrestation et l’incarcération médiatiques de Dany Leprince la semaine dernière à Agen, dénoncée dans un courrier au ministre de la Justice par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation d’Agen, il n’y a pas eu de déclarations précises.

Gauvain Peleau-Barreyre

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