Le nouveau « jeu à l’agenaise » ?


«Les Agenais sont fidèles à leur esprit du jeu. »  « Les performances même devant les meilleurs sont toujours porteuses d’un rugby intéressant. » « Plaisir à voir. » Que de louanges adressées par messieurs Pierre Berbizier et Pierre Villepreux à l’endroit du club lot-et-garonnais. C’était en mars dernier sur le plateau des Spécialistes Rugby de Canal +. Le Sporting s’attirait la bienveillance des observateurs grâce au spectacle proposé. Mais il perdait, trop souvent. Tant et si bien que ces « experts » ont ouvertement posé la question : « Le pari du jeu est-il trop audacieux ? » Invité de la chaîne cryptée ce jour-là, Mathieu Blin défendait le style de son équipe, s’appuyant sur les meilleurs exemples internationaux. Le temps a semble-t-il fait son œuvre. Car depuis le début de saison, le SUA LG a radicalement changé de visage. Fini, les envolées, presque lyriques, balle en main. L’un des principaux enseignements de ce premier bloc de cinq matchs joués, c’est qu’Agen aime désormais pilonner l’adversaire avec ses « gros ».

Jeu au près
« Les ballons portés, jusque-là, ça ne marche pas trop mal, euphémise l’entraîneur principal en charge des avants Mauricio Reggiardo. Les essais contre Albi, Mont-de-Marsan et Biarritz sont venus de là. » Les Bleu et Blanc constituent des mauls dès qu’ils le peuvent pour gagner des mètres. Vendue comme un autre point fort de l’équipe à l’issue de la préparation, la mêlée n’a en revanche pas connu le même succès auprès des arbitres avec de nombreux coups de sifflets punitifs. Ce que les coachs tiennent à nuancer. Mathieu Blin s’était plaint dans nos colonnes des décisions arbitrales contre Albi estimant qu’Agen avait largement dominé les débats. L’Argentin du SUA de compléter : « Contre Biarritz, on ne joue pas longtemps à 15 contre 15, on ne peut donc pas en tenir compte. A Mont-de-Marsan, on n’est pas parvenu à maîtriser Carlos Muzzio mais on a su se corriger en seconde mi-temps pour bien négocier les mêlées importantes en fin de match. Il y a du progrès là-aussi ». La touche est quant à elle constante. Enfin, et c’est peut-être là où le Sporting surprend le plus, les longues séquences de jeu au près. Dès que les coéquipiers d’Antoine Erbani s’approchent de l’en-but adverse, ils multiplient les impacts, se contentent de jouer à une passe.

Promesses d’ouverture
Un pick and go « so british » bien loin du traditionnel « jeu à l’agenaise » qui avait fait la renommée du club. Peut-être une conséquence des trop nombreux turnovers concédés l’an passé dans les zones de marque. « Ça nous remet en confiance de maîtriser ces fondamentaux, admet Mauricio Reggiardo. On avance avec plus de sécurité pour rester lucide dans les moments chauds. Et puis un match, c’est entre 120 et 130 rucks, soit autant d’occasions de montrer son agressivité. On a vu que dès qu’on prend l’avantage dans cette guerre des rucks, ça change le scénario de la rencontre. » Cette identité de jeu moins visuelle semble fonctionner avec trois victoires et un match nul sur les quatre dernières journées. Mais l’entraîneur des avants l’assure, il y aura plus d’ouverture par la suite : « Si on ne fait que ça, on sera trop prévisibles et les équipes adverses vont s’adapter. Il faudra se montrer capable de surprendre en ressortant le ballon au bon moment ». Contre Aurillac ?

Dimitri Laleuf

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