Le SUA a besoin de ses leaders


Le 7 janvier dernier, Alexi Balès officialisait une rumeur dans les tuyaux depuis un bon moment : son départ pour La Rochelle à l’issue de la saison. Le demi-de-mêlée, incontournable jusque-là avec 12 titularisations en autant de matchs, faisait alors son entrée dans le placard, croisant au passage Clément Darbo qui, lui, en sortait. Balès débutait ainsi les rencontres suivantes face à Grenoble, Bordeaux-Bègles, La Rochelle et Castres en tant que remplaçant. « Je ne vais pas mentir, je suis un compétiteur, un mauvais perdant et quand on me dit que je vais cirer le banc les prochains week-ends, ça ne me fait pas plaisir. Mais j’ai vite évacué cette frustration pour me remettre au boulot et me régénérer, mentalement comme physiquement. Il est normal que les entraîneurs pensent à l’année prochaine et puis je n’avais pas été au-dessus du lot lors de mes dernières sorties en tant que titulaire », reconnaît, lucide, cet enfant du club. Une piqûre douloureuse pour l’orgueil mais finalement bénéfique. « Notre vice-capitaine », comme le rappelle Mathieu Blin, a retrouvé son fétiche numéro 9 à Oyonnax et contre Montpellier. Le résultat ? Deux essais plein de malice et des jambes de feu. Jalil Narjissi, quant à lui, n’a plus 26 ans comme son jeune coéquipier, mais dix de plus. Et pourtant, le talonneur aux plus de 300 matchs sous la tunique agenaise semble infatigable. Gêné par des petits pépins physiques une bonne partie de la saison comme nous l’évoquions dans nos colonnes il y a quelques semaines, « Jal » montre qu’en bonne santé, il reste indispensable au SUA.

Addiction à la victoire
En l’absence de Marc Giraud toujours blessé au dos, l’équipe manquait de leaders pour épauler Lionel Mazars et tirer tout le monde vers le haut. Voir ces deux cadres revenir ainsi en odeur de sainteté pourrait bien changer la perception collective de cette fin d’exercice. Avec leur culture de la gagne et leur implication dans l’effort, ils pourront apporter davantage de caractère à un groupe un peu morose. La descente est certes actée, mais il reste sept matchs à disputer. Sept matchs pour montrer quel est le vrai niveau d’Agen. « On n’a pas attaqué la saison en se disant qu’on allait redescendre dans la foulée, donc pour moi, c’est échec, soupire Jalil Narjissi. On ne peut pas dire autre chose. J’ai du mal à trouver le sommeil, je me ronge les ongles parce que je ne supporte pas ça. Mais on va relever la tête. Pour bien préparer la prochaine saison, il faut terminer sur une meilleure note et gagner des rencontres. On ne s’entraîne que pour ça. La victoire, c’est bon pour la tête. » L’ancien international marocain doit en effet sa grande et longue carrière à cette dépendance viscérale aux succès. Une addiction partagée par Alexi Balès, pour qui l’ambition n’est pas « de jouer à la baballe ou régaler le public », mais bien de battre son adversaire.

Manque d’exigence
Et les deux hommes, conscients de la responsabilité qui leur incombe, ont un message à faire passer. « Il a peut-être manqué un peu d’exigence individuelle et collective, en semaine comme match. Alors j’espère que les résultats vont nous servir de leçon et que les 23 qui jouent le week-end vont rester concentrés sur l’ensemble des 80 minutes », glisse Jalil Narjissi. « On aura jusqu’à la fin besoin de se donner à 200% », prévient « Balo ».

Dimitri Laleuf

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