L’école de musique bientôt conservatoire ?


Depuis presque quatre ans que l’école de musique et de danse a changé de direction, la mue entamée est arrivée presqu’à maturation. Ludovic Rucosa, venu de la région parisienne pour en prendre les rênes, avait dans ses bagages une image bien précise d’une école de musique du XXIe siècle : « Il est pour moi hors de question qu’un enfant vienne ici par obligation. La pratique de la musique doit être un plaisir ». Des idées qui ont trouvé écho chez les professeurs du lieu et élus du Grand Villeneuvois. Il a également débarqué avec un objectif bien précis : obtenir la qualification de conservatoire. Il est en passe d’y réussir pour la troisième fois de sa carrière : « Le dossier est sur la table du ministère depuis plus d’un an. On attend une réponse avant la fin de l’année. Aujourd’hui, je pense qu’on remplit tous les critères ». Devenir conservatoire permettrait alors à Villeneuve-sur-Lot de délivrer des diplômes nationaux en musique et danse : « C’est une démarche courageuse dans un contexte tendu au niveau budgétaire. Beaucoup de villes ont perdu leur conservatoire en France, faute de budget. Ici, on met les moyens pour en créer un… Cela montre qu’ici la culture compte ».
Si la décision l’an dernier de hausser les tarifs d’inscription pour les hors agglomération a fait grincer des dents, Ludovic Rucosa souligne pourtant, que c’était avant tout pour favoriser les enfants du Grand Villeneuvois : « Cette année, on compte une centaine d’enfants de l’agglomération supplémentaire dans nos cours. Dans le même temps, il n’y a pas eu de baisse du nombre d’élèves. Nous en sommes toujours à 600. Et la mise en place du quotient familial a permis une plus grande justice sociale d’accès à l’école ».
Le directeur a également mis en place de nombreux partenariats avec les communes de l’agglomération, notamment sur les restitutions des ateliers des élèves, qui donnent concert un peu partout sur le territoire : « Cela fait partie de notre mission intercommunale » souligne Ludovic Rucosa. Le projet Orchestre à l’école en est le fer de lance . Un troisième orchestre vient de se créer dans une classe de Saint-Antoine-de-Ficalba : « Ce projet est essentiel. Il amène la pratique de l’instrument dans des zones où elle n’a pas lieu d’être. Les enfants se voient confier un instrument pour l’année. Ils apprennent à en prendre soin, mais également le travail de groupe et la concentration ».
Dans le même temps, l’enseignement a évolué vers une pédagogie moins stricte : « Nous avons donné de la place pour des cours alternatifs où la priorité n’est pas la technique, mais le ressenti. Une fois par semaine, les élèves ont également une pratique collective, en groupe. Une démarche que nous avons mise en place en musique ou en danse où l’atelier chorégraphique laisse une grande part à l’improvisation et où l’on frôle la danse contemporaine bien souvent ». 50 élèves sont actuellement en cursus alternatif. Ludovic Rucosa veut aller plus loin encore en implantant la MAO dans la pratique de l’école : « C’est un outil essentiel aujourd’hui. On est en train de mettre en place une formation pour les professeurs avec un référent du genre dans les conservatoires parisiens ». De quoi convaincre définitivement du côté du Palais Royal que Villeneuve mérite son conservatoire.

Annabel Perrin

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