L’ENAP défilera sur les Champs-Elysées


«Garde à vous ! » La formule martiale résonne depuis maintenant trois semaines sous les chapeaux des élèves de l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (ENAP). Peu habitués au pas de l’oie, les futurs surveillants de prison devront pourtant avancer en rythme sur la plus belle avenue du monde lors du traditionnel défilé militaire du 14-Juillet. Mais pas de problème, c’est bien la « crème de la crème » qui a été retenue pour exporter le savoir-faire lot-et-garonnais à la capitale. Une première pour les Agenais et leur directrice, Sophie Bleuet, qui vient sacrer une reconnaissance officielle de « la troisième force de sécurité du pays (36 000 agents, NDLR) ». « Nous seront exemplaires, continue la directrice, nous voulons nous montrer à la hauteur des autres troupes. C’est un honneur d’être invité à participer à ce défilé et de représenter notre profession qui est plus souvent derrière les murs d’une prison que sur un écran de télé. » Le ministre de tutelle, Jean-Jacques Urvoas, avait annoncé la bonne nouvelle lors de sa visite en avril dernier. La proposition a depuis été validée par le Président de la République en personne, qui placera même l’Enap dans le carré d’honneur des défilants.

800 mètres, 1 320 pas

C’est donc le branle-bas de combat sur le site agenais. « Imaginez, un défilé ça se prépare un an à l’avance, explique l’instructrice Carole Vitoux, là c’est de la formation intensive. » Cette ancienne militaire de carrière, aujourd’hui dans les rangs de l’Enap, est chargée de coacher ses camarades. Trois semaines de répétition où les kilomètres (une dizaine chaque jour) succèdent aux stations immobiles. « On croit qu’il faut vider sa tête et ne penser à rien, mais c’est tout le contraire ! Il faut être extrêmement concentré.» Les quelque 800 mètres de l’avenue des Champs Elysées se descendront en 1 320 pas. Et rien ne doit dépasser. Cadence des pas, des bras, port de tête, distance : l’effet doit être précis au millimètre. « La mairie d’Agen a prêté un drone pour qu’on filme nos répétitions et voir ce que ça donne à l’image », précise Sophie Bleuet.
L’Enap a pourtant l’habitude de se frotter à la foule des jours patriotiques. Cela fait maintenant six ans qu’elle défile à Agen, « mais c’est beaucoup moins exigeant », tranche l’instructrice. A Paris, les troupes de l’Enap seront sur le pont ce jeudi 14-Juillet dès 5 heures pour un départ prévu vers 10h30. C’est à cet horaire que les téléspectateurs pourront voir les Lot-et-Garonnais entrer en scène. Et découvrir leur cri de guerre, qui sert à rompre les rangs, « Justice ».

Gauvain Peleau-Barreyre

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