Lequel achèvera l’autre ?


En journalisme, un marronnier est un sujet consacré à un événement récurrent et prévisible. Le changement d’heure par exemple, la rentrée des classes, les soldes, les bonnes résolutions… et les matchs couperets du SUA. Depuis plusieurs mois, la presse locale, l’Hebdo compris, évoque tantôt une « rencontre capitale », un « match de la dernière chance » ou une « échéance décisive ». Il semblerait que cette fois, on y soit vraiment. Plusieurs impératifs découlent de ce duel contre Oyonnax. Le retard pris sur Pau et le Stade Français doit impérativement être comblé et le temps ne joue pas en faveur des suavistes. Mais, surtout, il faut éliminer l’actuelle lanterne rouge de la course au maintien. Définitivement. Celui qui perdra cette rencontre, il n’est pas présomptueux de le dire, pourra dire adieu au Top 14. Lequel achèvera l’autre, c’est tout l’enjeu de ce samedi. Les Agenais ont le fond de jeu pour envisager la victoire.

Explosion psychologique
Et samedi dernier, dîtes-vous ? L’énorme fessée reçue à Pierre-Antoine ne peut, ne doit, être qu’anecdotique. Un peu de bépanthène pour soulager les postérieurs rougis et vite passer à autre chose. Que retenir d’un match où l’adversaire plante 50 pions au milieu d’une défense gruyère ? « Quand on expose psychologiquement comme ça, ce n’est pas la peine de s’éterniser dessus. On n’en a d’ailleurs pas parlé », révèle Mathieu Blin, le manager du SUA. Hormis les vingt premières minutes, assurément pas grand chose. David Smith et sa bande n’ont fait qu’une bouchée des Lot-et-Garonnais à côté de leurs pompes. Non, à Oyonnax, il faudra repartir sur les bases du succès contre La Rochelle. Féroce dans les duels et solide en mêlée, seul ce Sporting-là mérite sa place dans l’élite. Pour dérouler une attaque séduisante, encore faut-il avoir le ballon entre les mains.

Hymne au désordre
Bonne nouvelle pour les Bleu et Blanc, le pack haut-bugiste n’est pas le plus redoutable du championnat. Il faudra cependant dompter l’énigmatique pelouse synthétique du stade Charles-Mathon. Les joueurs s’attendent à « des appuis différents », « des rebonds plus hauts » et surtout « 48 heures de récupération supplémentaires » notamment pour les articulations plus sollicitées. « On peut jouer sur du goudron, je m’en moque », lâche Jalil Narjissi dont la seule ambition est taper cette équipe similaire au Sporting à plusieurs niveaux. Comptablement d’abord mais aussi sur le plan du jeu. « Ils aiment aussi le désordre », analyse Mathieu Blin. En espérant que celui-ci leur soit favorable, pour que la semaine prochaine, les médias puissent à nouveau parler de « dernière chance ».

Dimitri Laleuf

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