Les ambassadeurs du « rugby bio »


L’union fait la force, dit-on. Et c’est sûrement pour cette raison que Villeneuve XIII s’est doté désormais d’une coprésidence menée par deux solides gaillards aux idées bien arrêtées. Patrick Maury et Jean-Pierre Sagnette pilotent désormais la barque d’un club en difficulté financière et sportive. Mais les deux hommes, issus du monde de l’entreprise, n’en sont pas à un défi près. Et ils ne pouvaient lâcher une pelouse sur laquelle ils ont connu leurs plus belles émotions rugbystiques. Jean-Pierre Sagnette a en effet été champion de France et international alors qu’il portait les couleurs villeneuvoises dans les années 80. Patrick Maury, lui, a fréquenté le stade dans les tribunes tout petit pour ensuite chausser les crampons : « J’ai d’ailleurs été champion de France la même année que Jean-Pierre, mais en cadet » se souvient-il.
« A cette époque, les joueurs du XIII voulaient tous venir jouer à Villeneuve. C’était le club phare de la discipline » souligne Jean-Pierre Sagnette. Mais ça c’était avant.
Depuis 2005, le club a du mal à se sortir de la nasse budgétaire. C’est à cette époque que Patrick Maury revient comme soutien technique et financier tout comme Jean-Pierre Sagnette, qui ne peut supporter de voir souffrir ses anciens amours sportifs.
Ils investissent et s’investissent et le 10 novembre dernier, obtiennent la coprésidence avec un projet bien précis en tête pour redresser le club.
« Cet été, nous avons été bien occupés tous les deux pour réussir à aplanir le passif du club et éviter la liquidation qui, pour nous, ne semblait pas viable. Aujourd’hui, on peut s’attaquer au travail de fond » explique Patrick Maury.
Le tandem ne se fait pas d’illusions et sait pertinemment que Villeneuve XIII doit désormais compter ses sous. Il change donc complètement de politique sportive  : « Nous ne voulons plus de recrutements étrangers. Ils coûtent trop cher et au détriment de la formation des jeunes » explique Jean-Pierre Sagnette. « On veut former une équipe avec les produits de la ferme, en circuit court… Du rugby bio en quelque sorte » ajoute-t-il en souriant.
Les deux coprésidents veulent ainsi retrouver la culture des joueurs du cru, élevés sur la pelouse de la Myre-Mory et attachés à leurs vestiaires : « C’est un travail de longue haleine, ajoute Patrick Maury, que l’on estime sur cinq ans. Nous avons une vue à long terme  pour aller chercher des résultats. On souhaite recréer ici ce qu’on appelait la « ruche verte » et revenir à la simplicité d’autrefois ».

Annabel Perrin

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