Les Baladins en danger de mort


L’histoire est -elle un éternel recommencement ? Il semble que pour les Baladins et Roger Louret, ce soit le cas. Certains s’en souviennent… En 2001, la compagnie Roger Louret faisait faillite. Décors, costumes et le théâtre Huguette Pommier, appartenant alors à Guy et Roger, étaient saisis. L’aventure des Baladins semblait exsangue. Jusqu’à ce que le théâtre soit racheté et loué pour accueillir de nouveau la troupe sous l’égide d’une toute nouvelle association « Les amis des Baladins ». Quelque 13 ans plus tard, le cauchemar recommence. Car l’association cumule à ce jour 80 000 euros de dettes, contractées entre 2011 et 2013, comprenant des charges sociales non régularisées, mais surtout quelques mois de loyer non acquittés. La fin du bail arrivant, la propriétaire a alors prévenu qu’elle ne renouvellerait pas le contrat sans être payée.
L’association « Les amis des Baladins » a alors alerté les collectivités et, depuis quelques mois, le service culturel du Conseil général et Sébastien Durupt, son directeur, se sont penchés sur le dossier. Ainsi Monclar, la Communauté de communes et le Conseil général ont élaboré un projet pour racheter le théâtre et le mettre à disposition des Baladins, une procédure déjà entreprise pour le Théâtre du Jour, il y a quelques années, ou plus récemment à Marmande.
Mais la propriétaire et les collectivités territoriales n’ont pas pu s’entendre sur un prix…

Déménagement sous huissier
Il semble que cette dernière, entre temps, avait en vue une autre solution : celle de reprendre le théâtre à son compte, de nommer un gestionnaire et de laisser la partie artistique à Roger Louret. Ce dernier a refusé tout net la proposition, se sentant dépossédé ainsi de sa compagnie : « La collaboration devait durer trois ans, sans que j’ai un droit de regard sur ce qui se passait sur la scène en dehors de mes créations. Je n’avais aucune certitude non plus qu’au bout des trois ans, l’aventure continue ». A partir de cet instant, la propriétaire a menacé l’association de les mettre au tribunal. Le bureau et les bénévoles ont donc décidé de déménager en catastrophe les biens de la compagnie « pour éviter que tout soit saisi, l’huissier était déjà là » explique le président des Amis des Baladins, Grégory Camara qui a reçu l’officier public manu militari.

Continuer ou pas ?
Sans domicile fixe, endettés, les Baladins n’ont plus beaucoup de portes de sortie… Deux exactement : la liquidation, qui verrait s’achever 40 ans d’histoire théâtrale dans le département, ou éponger ses dettes grâce notamment à une subvention publique exceptionnelle. Du côté du Conseil général, on attend un projet solide avant de renflouer les caisses. Quant à rester à Monclar, cela s’avère encore plus compliqué. « Je ne suis pas attaché aux vieilles pierres. Je me fiche que ce soit ici ou ailleurs que continuent les Baladins » s’exclame Roger Louret. Des propositions d’accueil de la troupe ont été émises par Meilhan-sur-Garonne et Condom… Le 17 décembre, une assemblée générale statuera sur l’avenir de la compagnie… Seule certitude, celle de Roger Louret, qui ne veut « rien lâcher ».

Annabel Perrin

L’histoire //

L’aventure des Baladins est née il y a 40 ans sur un coup de folie. Roger Louret et Christophe Malavoy étaient alors à Paris pour faire carrière et ont décidé de monter une pièce en plein coeur de milieu rural. Ils choisissent le restaurant bar d’Huguette Pommier, mère de Roger, pour installer leurs planches. Devant le succès de cette entreprise un peu folle, à son retour de Paris en 1976, Roger Louret décide de fonder une troupe de théâtre dans son village natal. Avec Nicolas Marié et Marianne Valéry, il constitue les Baladins en Agenais et réussit le pari d’y faire fonctionner toute l’année le Théâtre de Poche.

En décembre 1985, les Baladins organisent la première nuit du théâtre qui réunit 8 000 spectateurs dans le village durant 24 heures jusqu’à atteindre les 16 000 en 1989. Durant toutes ces années, Roger Louret met au devant de la scène des comédiens comme Muriel Robin, Elie Semoun ou encore Thomas Boissy, entre autres.

Les années 90 seront celles de la médiatisation et du succès parisien avec des nominations aux Molières pour la Java des mémoires et la consécration pour les Années Twist. C’est aussi les années où la troupe accompagne Jean-Pierre Foucault sur le plateau de « Sacrée soirée ».

A partir des années 2000, les choses se compliquent pour la troupe…

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