Dans les coulisses // Benjamin Petre, (enfin) centre d’intérêt


Il y a tout juste cinq mois, il pleurait à chaudes larmes au milieu du Stade Rabal. Benjamin Petre, retombé dans l’anonymat du groupe espoir après de longs mois « au placard » comme on dit dans le jargon, pensait ne plus porter les couleurs agenaises. Alors, à l’issue du dernier match de la saison avec ses potes de la « réserve », les nerfs ont craqué : trop de frustration accumulée et une impression d’avoir mal fini son aventure agenaise.
Et pourtant en sport tout va très vite. Quinze jours après, alors que ses copains pros se préparent à jouer une demi-finale, Benj fait sa réapparition dans le groupe fanion pour le dernier match de la saison alors que beaucoup de cadres sont au repos. Une rencontre « haricot-gigot » pour reprendre une formule chère au sérail rugbystique : « Pour moi, c’était tout sauf un match sans enjeu » se remémore l’intéressé. « J’ai pu enfin m’exprimer après de longs mois passés à regarder les copains s’éclater sur le terrain. » Ce jour-là, le centre surpuissant se rappelle aux bons souvenirs du public d’Armandie qui l’avait presque oublié. Annoncé partant, libéré dans un premier temps par Agen, l’enfant de Verdun, passé par toutes les sélections nationales dans les équipes de jeunes, avait ainsi presque tiré un trait sur le Sporting : « Une déchirure pour moi, mais je ne voulais pas revivre une saison blanche. J’ai eu bizarrement pas mal de contacts (François Gelez voulait notamment l’amener à Perpignan, Ndlr) et cela m’a redonné confiance. »

Rattraper le temps de jeu perdu

Pourtant le début de saison s’annonce incertain. Absent des deux premières rencontres, le colosse se remet alors à douter : « Je me suis dis, c’est mal parti (rires) ! Et puis finalement les coachs m’ont donné ma chance lors du match à Pau. Cette marque de confiance dans une rencontre aussi importante m’a touché. J’ai su qu’il ne fallait pas les décevoir. » Depuis, l’envie et la fougue du garçon ont trouvé une place à part entière dans le collectif agenais. Machine à découper les adversaires en défense, il est aussi un formidable passe-muraille en attaque. Et sûrement un des joueurs qui avancent le plus dans cette PRO D2.  Un atout dont le Sporting pourrait pourtant se priver samedi à Albi : « J’espère y être, j’ai très envie de jouer ce gros match » répond, enthousiaste, l’intéressé. Car comme un ancien taulard qui a redécouvert la liberté, il en connaît désormais le prix : « Le staff m’a permis de bien récupéré cette semaine parce que j’ai pas mal de petits bobos. Rien de bien méchant, mais c’est vrai que c’est important d’être à 100%. Même si je préfère être sur le terrain à l’entraînement avec les potes plutôt que sur les tables des kinés. »

Cyril Recondo

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