Dans les coulisses // Philippe Mothe revient sur ses terres


Forcément spécial. Philippe Mothe ne s’en cache pas, le déplacement dimanche de son équipe, Montauban à Agen, a une saveur bien particulière pour lui. Celui qui forma durant les années 80 une doublette magique avec Philippe Sella aime toujours autant une ville et un club qu’il retrouve avec plaisir à l’occasion de cette dixième journée de PRO D2. Avec cette fois-ci le maillot montalbanais sur les épaules.

L’Hebdo : Philippe Mothe, ce match de dimanche est forcément spécial pour vous ?
Philippe Mothe : Oui bien sûr ! J’ai passé près de 20 ans au Sporting en tant que joueur et puis entraîneur. J’y habite toujours et j’ai tous mes amis qui y vivent. Donc bien sûr, c’est un chouette moment que de revenir à Armandie. Il y aura un peu d’émotion c’est sûr…

L’Hebdo : Vous aviez déjà connu ça lorsque vous entraîniez Mont-de-Marsan ?
P. M. : Exactement. Je sais donc à quoi m’attendre. Même si, depuis, le Sporting a beaucoup évolué. Il va déjà falloir que je trouve le chemin des vestiaires (sourires).

L’Hebdo : Au-delà de votre cas personnel, ce match a-t-il une saveur particulière pour vos joueurs ? La notion de derby dans le rugby moderne est-elle toujours prégnante ?
P. M. : Nous avons un effectif composé d’énormément de joueurs français dont beaucoup viennent de la formation montalbanaise. Pour ces garçons, la notion de derby a encore un sens. Les mecs en ont un peu parlé cette semaine. Mais franchement, cela n’a rien à voir avec notre époque. Aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs.

L’Hebdo : Du côté des supporters, peut-on s’attendre à un certain enthousiasme par rapport à cette rivalité géographique ?
P. M. : Nous avons un public qui se déplace beaucoup. Je suis sûr qu’ils seront très nombreux à Armandie ce week-end. Il y a beaucoup de ferveur autour de nous depuis le début de saison puisqu’on joue régulièrement devant 8 à 10 000 personnes !

Montauban a su s’adapter

L’Hebdo : A l’inverse du Sporting qui a bien du mal à remplir Armandie…
P. M. : Oui j’ai vu les affluences…C’est dommage, la ville a besoin du Sporting. Et les joueurs de supporters. La raison de cette baisse je ne la connais pas et vous pensez bien que ce n’est pas mon rôle de la commenter. Tout ce que je peux dire, c’est qu’une équipe soutenue montre forcément un visage différent.

L’Hebdo : On l’a vu avec votre début de saison où, jusqu’au week-end dernier, vous avez réalisé des prouesses à domicile…
P. M. : C’est sûr que le début a été parfait. On a battu de grosses cylindrées chez nous alors que l’on partait dans l’inconnu le plus total. Le groupe est composé pour beaucoup de joueurs qui n’avaient connu que la Fédérale 1. On avait un peu d’inquiétude quant à leur capacité à élever leur niveau. Mais les gars ont répondu présent. Jusqu’à notre défaite face à Narbonne le week-end dernier (17 à 18, Ndlr) le bilan était plus que positif.

L’Hebdo : Justement comment expliquez-vous ce faux pas ? Y a-t-il eu une forme de décompression après le carton réalisé face à Biarritz (victoire 43 à 3) ?
P. M. : Peut-être que les mecs sont tombés dans un certain confort. Pourtant ce n’était pas faute de les avoir prévenus. Mais que voulez-vous, enchaîner deux matches à domicile c’est toujours compliqué. On sort très frustré de cette rencontre parce que, vraiment, on devait gagner. On a eu énormément d’opportunités mais Narbonne n’a rien lâché. On a retrouvé le RCN de la saison dernière à Sapiac. Je le dis, cette équipe-là peut vite revenir dans la course à la qualification. Elle a des joueurs exceptionnels comme Elsom ou Halangahu qui font vraiment la différence.

L’Hebdo : Et vous, quel objectif fixez-vous à votre équipe ?
P. M. : Comme toute équipe qui monte, on veut se maintenir. C’est la priorité. Après si on peut être en milieu de tableau comme c’est le cas actuellement on ne s’en privera pas.

L’Hebdo : Montauban peut-il faire un coup à Agen ?
P. M. : Agen a retrouvé des convictions même si la défaite à Aurillac les a légèrement freinés dans leur retour au premier plan. On s’attend à un match très très compliqué, c’est sûr…

Cyril Recondo

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