Les dresseurs de Pokemon ont fait de la ville leur terrain de chasse


Mais que se passe-t-il en ville ? Des groupes, plus ou moins fournis, smartphone à la main, sillonnent les rues. On les croise place des Laitiers, à Jasmin, au Gravier, à la Préfecture ou au Pin. A toutes heures du jour, comme de la nuit, ils sont là pour chasser. Quoi donc ? Des pokemons. Pour les profanes, ce sont des personnages de dessins-animés et de jeux vidéo venus du Japon dans les années 90. Vingt ans plus tard, ils sont de retour, et c’est de nouveau la folie avec l’application pour smartphones « Pokemon Go ». Grâce aux innovations technologiques, le joueur lambda peut se mettre dans la peau de son dresseur de pokemon préféré et partir à la chasse. Il suffit de télécharger l’application et, grâce aux innovations technologiques, se plonger dans un monde où réalité et virtuel se croisent.

500 joueurs en trois jours
En clair, les joueurs utilisent la réalité augmentée pour découvrir, via leur écran de smartphone, les petites bestioles qui se promènent dans les rues de la ville. Et Agen regorge de pokemons et de chasseurs ! Plus d’un millier se sont regroupés via les réseaux sociaux, et organisent des parties grandeur nature. Denis, Paul et Mika sont à l’origine de l’engouement. « On a créé la page samedi dernier et en trois jours on avait déjà 500 inscrits. C’est la folie ! Il y a de tout, des garçons, des filles, des jeunes, des parents, c’est énorme ! », explique Denis, 19 ans. D’autant que le jeu n’était pas encore officiellement sorti en France (prévue le 15 juillet mais repoussée en raison de l’acte terroriste à Nice, il devait sortir hier, NDLR). Nos Lot-et-Garonnais ont donc bravé les lois internationales pour se procurer une version étrangère du titre. Et ils se retrouvent tous à Agen, place apparemment forte du jeu : « Nous on vient de Nérac pour attraper des pokemons », précisent Julien et Alexandre. D’autres viennent de l’Agglo, « parce qu’à la campagne on trouve rien », et certains encore de bien plus loin, des limites du département voire du Gers ou du Lot…

Des arènes partout en ville
Accompagnés de leurs amis, une vingtaine d’années de moyenne d’âge, ils se retrouvent pendant des heures pour « chasser ». « On marche dans les rues et dès que le téléphone se met à vibrer, ça veut dire qu’un pokemon vient d’apparaître pas loin… » A eux de se retrouver sur la carte de la ville, à l’aide de leur GPS, et d’aller à la capture. Ou à la bagarre. Alexandre, 21 ans, fait la démonstration d’un affrontement pokemon : « Il y a des arènes en ville et on doit déloger le pokemon d’autres joueurs pour en prendre possession. » L’issue du combat se joue à coup de pressions sur l’écran tactile du téléphone. Rien de violent donc, même si l’actualité des faits divers a rattrapé certains accros qui ont eu des accidents, parfois mortels, en poursuivant leur Graal. La gendarmerie nationale s’est même fendue d’un communiqué tout ce qu’il y a de plus officiel pour appeler les joueurs à la prudence. « Mais c’est pour ça qu’on est en groupe, rappelle Mika, 25 ans, quand il y en a qui regarde leur téléphone, les autres font attention à la route, aux voitures. » Responsables les chasseurs ! Ils se retrouvent ainsi dans les lieux emblématiques de la ville reconvertis en ring en ligne, comme sur la place des Laitiers, au Pin, rue Montesquieu, à la Préfecture… Batterie portable accrochée à la ceinture, téléphone à la main, les joueurs se reconnaissent entre eux se saluent d’un hochement de tête… « C’est quand même beaucoup mieux de jouer en plein air, d’être avec ses copains », assurent-ils. Même les parents peuvent être contents puisque l’antienne rabâchée du « va jouer dehors plutôt » est enfin une réalité. Que vous pourrez vérifier de vos propres yeux lors d’une chasse géante organisée ce vendredi soir au Gravier à partir de 20h30.

Gauvain Peleau-Barreyre

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