Les élus rejouent Titanic pour éviter le naufrage de Saint-Jacques


Le capitaine Pierre Camani devra mener le vaisseau départemental au cours de l’année 2016 en évitant les écueils budgétaires et en gardant la main sur ses matelots mutins, notamment de la partie tribord. Le but de la séance de débats sur les orientations budgétaires qui s’est tenue lundi dernier était de donner un aperçu du financement qui présidera aux destinées des Lot-et-Garonnais, présenté comme un budget de refondation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça tangue. Le contexte préfigure un temps incertain, entre baisse de la dotation globale de financement (- 35,2 millions d’euros entre 2014 et 2017), recul de l’épargne brute (de 40,1 à 27,4 millions d’euros, augmentation des dépenses sociales (+ 7 millions) et refonte des régions. Ce qui fera dire au président du groupe Dynamique citoyenne, Christian Delbrel que la situation du Conseil départemental lui rappelle celle du « Titanic ».

Opposition en vigie

Du gros grain à moudre pour l’opposition qui, par la voix de son chef Guillaume Lepers, dénonce « la mort silencieuse du département » et l’impuissance redoutée en matière de développement économique. Commission permanente au chômage technique, investissements en berne, embauches de cadres, remise à plat des politiques d’aides aux collectivités… Le conseiller départemental se veut plus réaliste que pessimiste. Ses lieutenants multiplient les avertissements : Pierre Chollet sur les dépenses sociales « mal maîtrisées » et Baya Kherkhach sur le « déni de réalité » de ses collègues à bâbord.

Majorité au diapason

« Nous leur devons mieux qu’un remake de Titanic, a répondu Jacques Bilirit, à quoi servent les élus si tout doit être facile ? » A nous rappeler que la politique fiction nourrit les médias, parfois, mais qu’elle ne fait pas avancer le bateau. Alors Pierre Camani a rappelé qu’il tient la barre et que les Lot-et-Garonnais ayant répondu à la consultation populaire sur les priorités d’investissements ont fixé le nouveau cap de Saint-Jacques. « L’Etat nous met en situation de cessation de paiement », a rappelé Pierre Camani avant de dérouler les avancées actées ces derniers jours : reprise en main du RSA par l’Etat, diminution des dépenses de fonctionnement et de communication, renfort des contrôles sur les prestations sociales et poursuite des investissements en cours (très haut débit, Center parcs…)… « Si l’opposition nous faisait des propositions pour faire des économies, nous les écouterions, mais pour l’instant c’est nous qui faisons avancer les choses ».
La vigilance est donc de mise pour l’avenir de cette collectivité territoriale, notamment en milieu rural. Faut-il néanmoins rappeler, que, et pour reprendre le fil de l’eau, la vigie pourtant vigilante avait tardé à voir l’iceberg fatal au Titanic… Nos élus sont néanmoins sur le pont.

Gauvain Peleau-Barreyre

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