Les forces de l’ordre évacuent le camp des zadistes


Il se tramait bien quelque chose. Henri, un des riverains du chantier d’un rond-point placé en bordure de la D119 à Brax, avait remarqué que « les hélicoptères tournaient depuis la veille (dimanche, NDLR) » et qu’on ne voyait plus les « bougies » qui servaient à éclairer les zadistes. Ces derniers avaient installé un campement il y a une semaine environ pour faire barrage aux engins et montrer physiquement leur opposition « à tous les travaux qui servent de près ou de loin au technopôle ».
Henri avait donc raison. Lundi, dès potron-minet, une centaine de gendarmes a procédé au démantèlement du camp de fortune. « Sans heurt ni violence », comme l’a répété le préfet, venu constater le bon déroulement de la première expulsion de ces militants écologistes en Lot-et-Garonne. Le représentant de l’État a agi suite à la décision du tribunal administratif. « Nous sommes ici sur un chantier reconnu d’utilité publique qui raccorde les réseaux d’eau et d’assainissement. De plus il était très dangereux d’être à proximité d’un axe routier très fréquenté. »
L’action des forces de l’ordre aura duré une partie de la matinée, les baraquements cédant sous les coups de hache et de masse.

« On s’y attendait »
Fred, l’un des pionniers du mouvement lot-et-garonnais, filmait la scène afin de la relayer sur les réseaux sociaux. « On s’y attendait, confirme-t-il, mais la ZAD d’Agen n’est pas expulsée, c’est juste le G8 (nom donné au chantier braxois NDLR). Nous resterons ici car nous voulons montrer à Dionis que la discussion est plus importante que la violence. » Pas de débordement certes, mais une certaine exaspération de la part de Joseph Bonotto, initiateur de la ZAD et qui défend son carré de terre face aux promoteurs du technopôle. « Je suis révolté contre cette façon de faire », tempête-t-il. L’agriculteur a d’ailleurs reçu un avis d’expulsion de ses terres de Sainte-Colombe où la ZAD est installée. « L’issue est connue, ils vont tous nous virer, y compris de chez moi, on me prend ce que j’ai gagné mais on ne se laissera pas faire. » L’une des installations des zadistes est expulsée, mais chacun continue de camper sur ses positions.

Gauvain Peleau-Barreyre

Appel au renfort sur la ZAD

« On a des copains qui vont arriver », promet-on chez les zadistes. Alors que les rangs des militants installés à Sainte-Colombe-en-Bruihlois s’étaient dégarnis suite au départ de quelques uns pour la capitale en vue de la conférence sur le climat, la détermination est toujours de mise. « Si nous ne sommes pas là, qui défendra la Terre contre les promoteurs du technopôle Agen-Garonne ? » Cette zone d’activité voulue par l’Agglomération d’Agen est un chantier dont les quarante premiers hectares devraient sortir de terre en 2017.
Joseph Bonotto, dont les terres sont concernées par le chantier, a procédé à la création d’une Zone à défendre (ZAD) en décembre dernier pour s’opposer au projet. Depuis, plusieurs dizaines de militants écologistes se relaient et essaiment même autour de leur zone originelle. Ainsi, six maisons vendues à la collectivité pour être détruites sont squattées. Cinq d’entre elles sont visées par une procédure d’expulsion, la décision sur la sixième est entre les mains de la justice. Une expulsion « groupée » est l’option privilégiée par les officiels. Elle devrait intervenir dans les prochaines semaines. Ce dont sont bien conscients les zadistes qui multiplient les appels à la mobilisation sur les réseaux sociaux, détaillant leurs besoins (humains, médicaux, matériels) pour se préparer à la résistance. Une rumeur a même couru, en parallèle de l’évacuation du rond-point, sur l’imminence d’une expulsion manu militari d’une des maisons. A tort. Mais la présence des forces de l’ordre leur fait craindre une répétition grandeur nature…

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