Les leçons du scrutin


1 – Les abstentionnistes sont de gauche
Comment expliquer autrement le retournement de tendance entre le premier et second tour ? Alors que dimanche 6 décembre le FN virait en tête, il n’est plus que deuxième une semaine plus tard. C’est la liste de gauche qui se retrouve devant avec plus de huit points d’avance sur l’extrême-droite et la droite. Entre les deux tours, 20 000 Lot-et-Garonnais supplémentaires se sont déplacés faisant gagner 12 points à la gauche.

2 – Le FN reste le premier parti
Et gagne même des voix,  4 000 entre les deux tours. Pas encore suffisant pour passer les écueils du mode de scrutin mais assez pour s’inscrire en Lot-et-Garonne comme une force de premier plan. En revanche, avec deux seuls élus, le département ne sera pas le plus gros pourvoyeur de bleu marine à Bordeaux.

3 – La gauche gagne en ville
Ce sont dans les centres urbains que la gauche a fait le plein, arrivée en tête à Agen, Marmande, Le Passage, Villeneuve-sur-Lot, Tonneins ou Nérac. Mais il a fallu s’unir (notamment avec EE-LV) et réveiller des abstentionnistes peu motivés pour y arriver. Si elle reste le premier courant politique de Lot-et-Garonne, c’est au prix d’unions et de têtes d’affiche (le ministre Matthias Fekl) qu’elle doit sa visibilité.

4 – La droite et le centre n’y arrivent plus
Déjà aux Départementales ils l’avaient promis : la gauche allait tomber. En fait non. Alors aux Régionales quelques mois plus tard, c’est sûr, ils vont tout casser. Toujours pas. En troisième position derrière le FN, la droite et le centre ne cessent de perdre du terrain. La liste gagne des voix entre les deux tours mais déçoit. Dissensions internes et têtes de liste contestées (autant Virginie Calmels que Marie Costes) auront alimenté une campagne bien terne pour un camp qui avait bien résisté aux Municipales il y a un an. Ils enverront autant d’élus que le FN.

5 – Les « petits » partis restent petits
Aux côtés des trois gros, sept listes sollicitaient les suffrages. Aucune ne dépasse les 5%. Les écologistes ou le Front de gauche ne sont pas parvenus à mobiliser en dépit d’une campagne axée sur le problématiques locales.

6 – Des perdants bons perdants…
A l’image du maire d’Agen Jean Dionis du Séjour. Le centriste, élu tout de même à la Région, a eu le fair play de féliciter sa consœur PS Sandrine Laffore pour son élection : « Nous ne siégerons pas dans le même groupe mais j’espère que nous défendrons ensemble notre département et notre ville ».

7 – … Et d’autres moins bons perdants
La Villeneuvoise Christelle Bourgain, sur la liste FN en sixième position, relaie sur son compte Facebook un photomontage assimilant les électeurs qui ont voté à droite ou à gauche à des « mougeons », mixte de pigeon et de mouton. Gary Geoffroy, membre d’une association d’opposition à Villeneuve et encarté UDI, compare lui aussi les électeurs n’ayant pas reporté leurs voix à des « moutons » en reprenant un texte de l’inclassable Octave Mirbeau, paru au Figaro en 1888.

8 – Quels dossiers pour le 47 à la Région ?
Grand avocat de la grande vitesse, le socialiste et probable futur président Alain Rousset a mis de l’eau dans son vin en invitant les écologistes dans sa liste et en mettant en parenthèses la LGV. Autres dossiers en cours, le doublement de la RN21 et le barreau de Camélat devraient être débattus à Bordeaux. A noter que les crédits d’études de faisabilité du projet ont été engagés.

G. P.-B.

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