Les Lot-et-Garonnais, malades de longue durée


Alors, des grands malades ces Lot-et-Garonnais ? Les chiffres dévoilés mercredi par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) imposeraient une réponse positive. En 2014, un quart des assurés s’est vu prescrire un arrêt maladie.

+ 7% de dépenses en 2014
Si les chiffres ne donnent pas la migraine, d’autres indicateurs pointent dans le rouge comme l’augmentation des dépenses liées aux arrêts de travail de 7% en 2014 (contre 4% au national). A noter que sur la période 2010-2014, cela représente même 23% de dépenses en plus, contre seulement 6% en France. Le  coût global est de 37,6 millions d’euros (25,8 millions pour la maladie et 11,8 millions pour les accidents de travail). Le département ne fait pas que suivre la tendance nationale, il l’amplifie.
Un bilan qui est loin de satisfaire les responsables de la CPAM. La directrice, Bénédicte Samson, évoque même une tendance « inquiétante ».

Arrêts de longue durée en hausse
La durée moyenne des arrêts maladie est de 51 jours par assuré… La spécificité lot-et-garonnaise réside dans les arrêts de longue durée (supérieurs à 6 mois). Mais alors, quel est le diagnostic docteur ? « C’est très difficile de répondre car les causes des arrêts maladie sont multifactorielles », explique le docteur Hervé Lépron, chef du service médical à la CPAM. Mais les arrêts de longue durée sont principalement dus à des troubles musculo-squelettiques ou aux dépressions. »

Sud-Est agenais en tête
Les responsables de la CPAM ont également souligné la disparité entre les territoires. Ainsi, il apparaît que le Sud-Est agenais (Puymirol, Boé, Bon-Encontre ou Castelculier) a particulièrement recours aux arrêts de travail. 28% de ses habitants en ont bénéficié. C’est d’ailleurs dans ce secteur que l’Assurance maladie mène des actions de contrôle ciblées envers les assurés et les professionnels de santé. L’objectif est de rendre plus visible l’action de la CPAM en la rapprochant du terrain et de faciliter la prise de conscience. « L’assurance maladie est notre bien commun, elle est précieuse… », conclut ainsi la directrice Bénédicte Samson.

Gauvain Peleau-Barreyre

Prévention, dialogue et contrôles seront multipliés

Les contrôles se font à destination des assurés et des professionnels de santé. Pour ces derniers, les responsables de la CPAM annoncent un renforcement du dialogue et une étude collégiale et confraternelle, de cas concrets. Le nombre d’arrêts « atypiques » a amené, en 2014, à huit entretiens d’alerte de médecins, sans que ne soit nécessaire une sanction. Pour les assurés, deux enquêteurs sont chargés du contrôle à domicile, il y en a eu 122 en 2014. 30% des arrêts de travail n’étaient pas justifiés. Mais la prise de conscience appelée de leurs voeux par les responsables passe aussi par un rappel des règles en la matière (délai d’envoi des arrêts) et une responsabilisation de l’assuré comme des professionnels de santé.

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