« Les mains dans le cambouis »


Après des vacances baptisées « sur la route des amis », retour aux affaires pour le maire d’Agen, Jean Dionis du Séjour. Une deuxième rentrée depuis sa réélection qui est placée sous le signe du travail et des grands projets. Avec peut-être même un nouvel ami en prime, en la personne de son ex-meilleur ennemi, le président du Département Pierre Camani. Vous avez dit bonne résolution?

Rentrée municipale

L’Hebdo : Dans quel état d’esprit êtes-vous en cette rentrée ?
Jean Dionis du Séjour : C’est la deuxième rentrée depuis ma réélection et nous voulons mettre les mains dans le cambouis. La première année on cale les équipes, on lance les projets. Aujourd’hui, nous devons tenir nos promesses et nos engagements. A nous de moderniser la ville, de l’adapter au futur. Notre premier geste a été d’inaugurer la Maison des enfants, je suis très fier de cette réalisation.

L’Hebdo : Premier grand dossier municipal, la piétonnisation entre les Quatre Feux et Castex qui commence ce lundi…
J. D. S. : Nous lançons l’expérimentation de la piétonnisation et du plan de circulation. Après nous recueillerons les données et les partagerons sur le portail de l’open data de la ville.

L’Hebdo : Le collectif Pin-Castex est vent debout contre ce projet. Qu’avez-vous à leur répondre ?
J. D. S. : Que nous sommes d’accord sur le fond quand ils disent vouloir une voie entrante sur leur secteur. A nous de la réaliser, selon nos moyens, avec pourquoi pas une remise à niveau de la chaussée, des trottoirs plus larges… Mais là où nous ne reculerons pas, c’est sur la piétonnisation du boulevard entre les Quatre feux et la place Castex.

Rentrée Agglo

L’Hebdo : Le conseil d’agglomération de jeudi débattait des dossiers relatifs au technopole où les zadistes sont toujours là, en dépit des décisions de justice… Comment vivez-vous cette situation ?
J. D. S. : Je la vis très mal. Comme les citoyens français, je constate un recul de l’autorité de l’État. La justice a dit le droit et nous a donné raison mais la force publique n’arrive pas.
Sans trahir un secret, le préfet préférerait que les expulsions se déroulent en une seule fois… Ca va bien arriver un jour…

L’Hebdo : Qu’en est-il des dossiers sur le barreau de Camélat. Pierre Camani a rappelé la semaine dernière son travail pour débloquer les crédits d’études et vous accuse de ne faire que de la com’…
J. D. S. : C’est parfois bien de communiquer ? Si on avance sur ces dossiers, c’est que les acteurs de l’Agenais se sont réunis et parlent d’une même voix. L’Agglo a le courage de dire qu’elle prendra la maîtrise d’ouvrage du barreau de Camélat et s’il y a des dépassements de coût, nous les assumerons. Vous voyez, Pierre Camani est très habile mais il ne dit pas toute la vérité.

L’Hebdo : Faut-il s’attendre à de nouvelles passes d’armes sur ces dossiers ?
J. D. S. : Non. Pierre Camani est légitime jusqu’en 2021, moi jusqu’en 2020. Toutes les conditions sont réunies pour avancer ensemble et nous sommes tous les deux d’accord pour sanctuariser ces dossiers, de Camélat, de la gare, de l’échangeur autoroutier voire de la rénovation de l’école Langevin ou de la gare.

Rentrée politique

L’Hebdo : En 2015, le temps politique sera marqué par les élections régionales de décembre. Quelle est votre ambition ?
J. D. S. : Si je suis élu, je ferai tout pour défendre ma patrie, le Lot-et-Garonne. Dans une super-région qui double de taille, on risque de devenir une petite chose et je ne fais pas confiance à nos amis bordelais pour penser à nous.

L’Hebdo : Vous partirez en deuxième position derrière Marie Costes. Êtes-vous satisfait de ce choix ?
J. D. S. : Je pense qu’il fallait envoyer des responsables politiques de premier plan. Mais il y a eu un arbitrage, j’en prends acte…

L’Hebdo : Sinon, comme deux de vos adjoints, vous allez bientôt prendre votre carte au MoDem ?
J. D. S. : Non… Mais avant l’élection présidentielle, il y a toujours des recompositions politiques… J’attendrai de voir. J’ai une vraie amitié pour François Bayrou. Malgré notre cassure très violente en 2007, je constate qu’il retrouve sa place dans la grande famille de la droite et du centre.

L’Hebdo : Un dernier mot sur la crise des réfugiés. Agen s’est déclarée favorable à leur accueil…
J. D. S. : C’est une question d’honneur. Et en politique c’est rare… Nous allons d’ailleurs en débattre en public, au conseil municipal de samedi. Je porterai une délibération sur cette question. Mais il faut rendre hommage à Bernard Lusset qui a su secouer le cocotier pour dire : « les analyses c’est bien, maintenant il faut agir ». Nous rendrons compte de notre action avant Noël.

Propos recueillis par Gauvain Peleau-Barreyre

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