Les pirates des piscines partent à l’abordage


La piscine Aquasud d’Agen est passée en mode estival cette semaine. Nul doute que les températures caniculaires ont fait grimpé la fréquentation. Mais le phénomène des baignades interdites se développent un peu partout en centre-ville. Fini la trempette innocente dans les fontaines, place aux baigneurs qui n’hésitent plus à plonger dans les bassins qui ne sont pas les leurs. « On regarde sur Google Earth pour voir les piscines pas loin de chez nous », ou « Avec le bouche-à-oreille on sait quelles piscines sont facilement accessibles dans les résidences ». Ces conseils, qui frisent l’illégalité, certains (jeunes) Agenais les appliquent au pied de la lettre et ont fait de la piraterie des bassins un sport estival.

Colère des copropriétés
Mais ce petit jeu n’est pas sans conséquence. Notamment pour les locataires qui voudraient profiter de leur installation, ou simplement ne pas subir les nuisances de ces bains. Sans parler des dérapages, parfois plus que verbaux… « La dernière fois ils ont tapé un locataire », peste Patrick Gontero, directeur de copropriété chez Foncia. Le professionnel suit de très près ces dossiers d’intrusions. Et constate une recrudescence des bains non autorisés ces derniers jours : « C’est un peu une catastrophe et ça devient de plus en plus violent ».

Piscinistes touchés
Si le phénomène a toujours existé, « avant c’était des petits groupes de gamins de 14 ans », il semblerait que le contingent des baigneurs grossisse « avec des groupes de dix ou vingt personnes ». Afin de se prémunir contre ces agissements, le directeur agit. « On a relevé les grillages à trois mètres mais ça ne les empêche pas de passer par dessus, ils profitent de la moindre faille. »  En centre-ville, les piscinistes ont eux aussi à déplorer des bains illicites dans leurs modèles d’exposition. A Agen-Sud, dans le magasin de cette chaîne, on connaît le phénomène. « Je les vois attendre que je parte pour piquer une tête après », raconte cette employée de Desjoyaux. Mais elle n’a pas constaté de dégradations. C’est une autre histoire pour cette adresse Everblue en bordure de l’avenue Jean-Bru. Un joli bassin est visible de la rue. « J’en ai encore viré une dizaine la semaine dernière, souffle, dépitée, la vendeuse. Ils attendent même pas qu’on soit partis. » Parfois c’est un des voisins qui les prévient. « On y retrouve de tout, des tongs, des serviettes hygiéniques… »
Pour le gérant, la tentation vider et fermer la piscine est là. « On a arrêté de mettre du chlore pour que l’eau devienne verte et soit moins tentante », reprend-elle. Les écriteaux siglés d’une « baignade interdite » ne restent pas longtemps en place. Des barbelés sont envisagés… « Mais maintenant je vais porter plainte », prévient-elle.

Gauvain Peleau-Barreyre

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés