Les restaurateurs et hôteliers demandent de l’équité


Le ras le bol est national. Mais le cri est départemental. Les restaurateurs et hôteliers ont tenu à alerter les pouvoirs publics sur une nouvelle concurrence sortie du net. A l’image d’Uber pop pour les taxis,  les sites sur la toile sont venus bouleverser, depuis trois quatre ans, le marché de la restauration et de l’hôtellerie. En ligne de mire, le Airbnb qui propose des nuitées chez l’habitant : « En l’espace d’une année, nous sommes passés de zéro proposition dans le département, à 270 » remarque Jean-François Blanchet, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie en Lot-et-Garonne (UMIH). « Et pour nous, la baisse commence à se faire sentir dans les chiffres d’affaires ».

Un vrai business parallèle

L’Umih 47 veut cependant être claire, elle ne s’oppose pas à ce que le particulier puisse louer une chambre de temps en temps, mais elle réclame de l’équité dans les réglementations : « Nous, nous sommes étouffés par des normes sans cesse plus draconiennes sur nos hébergements ou dans les restaurants  : l’accessibilité, la légionellose… Autant de charges qui se reportent sur le prix de nos chambres. Et là, sur ce type de nuitée, rien n’est réclamé. Nous sommes conscients que pour les particuliers, ce soit un apport pour leur compte en banque, mais certains en font un vrai business et là, nous nous insurgeons » ajoute Jean-François Blanchet.

Du côté des restaurateurs et bars, la contestation est la même : « Nous nous soumettons à des règles sanitaires très strictes. Or, certains qui passent par ce site de particulier à particulier font également la cuisine à leurs invités d’une nuit.  Mais ce n’est pas tout. Quand nous voyons ce qui se passe sur les marchés gourmands, l’été, par exemple, cela nous fait rager. Et là, il en va de la responsabilité des municipalités » souligne Patrice Ross, président de l’Umih 47. « Nous voulons simplement que l’état rétablisse de l’équilibre ».

Cependant, restaurateurs et hôteliers se félicitent des dernières dispositions de la loi Macron, notamment sur les centrales de réservation : « Auparavant, nous ne pouvions plus décider de nos tarifs. Ces sites devaient afficher les prix les moins chers alors que nous leur versons une commission sur chaque nuit réservée via leur plateforme. Désormais, c’est nous qui fixons les prix et, on peut, si on le désire, afficher des promotions directement à l’hôtel. » Une info qui ne devrait pas tomber dans l’oreille d’un consommateur sourd.

Annabel Perrin

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