Les « SPF » vont-ils peser ?


Tous sortis du carcan classique de la politique française, ils ont décidé de se lancer dans l’aventure électorale sans adhérer à un parti surfant ainsi sur la vague du rejet des partis classiques, jusqu’alors réservée strictement au seul Front national. Les SPF (Sans Parti Fixe) se sont promis de jouer un rôle majeur lors de ces élections départementales. Mais en ont-ils les moyens ? «  Je suis persuadé qu’il y a une place pour la démarche citoyenne au niveau des élections locales » promet Christian Delbrel. Le maire de Pont-du-Casse a bâti son succès aux élections municipales sur ce principe. Certes… Mais les marques UMP, FN, PS voire UDI/MoDem amènent tout de même une réserve d’électeurs qui, dans des échéances où le taux d’abstention risque d’être élevé (environ 50% ? Ndlr), est plus qu’appréciable : « C’est vrai », concède Corinne Griffond, candidate qui avait payé son non encartage lors des dernières Municipales. «  Il est évident que nous entrons dans une nouvelle ère et que le monde politique vit une profonde mutation et ses électeurs avec. C’est assez contradictoire en fait car les déçus des deux grands partis se réfugient soit au FN soit dans l’abstentionnisme. Nous incarnons désormais une troisième voie avec cette démarche citoyenne. »

A la pêche aux abstentionnistes
Preuve que les deux grands partis classiques souffrent, la vague FN est attendue sur ces Départementales. Dans ce contexte les SPF peuvent-ils peser ? : « Oui je le pense » affirme Corinne Griffond. « Nous avons fait un gros travail sur le terrain car le fait de ne pas être soutenu par une grosse machine comme nos concurrents nous obligent à une vraie proximité. Nous n’avons pas les équipes du Conseil général ou celles des régies municipales pour coller nos affiches ou déposer nos bulletins… » Cette proximité sera-t-elle payante ? « On sent un basculement, c’est indéniable. Nous avons eu de très bons retours, vraiment. Je suis même persuadée que grâce au porte à porte nous avons gagné pas mal de voix. » Pour Christian Delbrel, la partie s’annonce coriace : « Il y a une place à prendre auprès des électeurs mais hélas il ne faut pas se voiler la face non plus : le FN va peser lourd au premier tour. Entre l’abstentionnisme et le parti de Marine Le Pen, il n’y aura à mon avis pas de place pour une triangulaire. » Les SPF vont devoir jouer des coudes. Mais en cas de présence au second tour, ils seraient alors en position de force pour récupérer les déçus des deux bords…

C. R.

Dans le Villeneuvois, sans étiquette mais…

La démarche citoyenne des sans étiquette se retrouve aussi dans le Fumélois où José Gonzalez et sa binôme Aude Narice-Yan ont décidé de porter une autre voix à gauche, mais sont classés parmi les  « sans étiquette » à la préfecture. L’ancien employé de l’usine MétalTemple, en plein dans les feux de l’actualité, se bat pour l’emploi dans son secteur, au-delà des clivages partisans.
Du côté de la Bastide, les choses sont bien moins claires puisque les sans étiquette se retrouvent candidats sur des listes soutenues par les partis traditionnels. Ainsi, UMP comme Europe Ecologie les Verts et le PS sont allés chercher des personnes non encartées pour les représenter.
Mais ce n’est pas pour autant que les listes que l’on pourrait qualifier de dissidentes ont disparu des bulletins de vote… Bien au contraire… A gauche, on note la candidature d’Alain Soubiran, se présentant comme divers gauche, ancien du PS et candidat sortant sur le canton. A droite, Hervé Tassel, ancien UDI, se positionne comme divers droite, tout comme Catherine Martin, qui a rendu sa carte d’adhérente au Front National depuis les dernières municipales.
Difficile pour l’électeur, déjà fort peu convaincu d’aller voter pour une assemblée promise à disparaître, de s’y retrouver…

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