L’étonnant Monsieur Tilsley


Cette semaine, une légende s’en est allée. Les amoureux de l’Ovalie regretteront Jonah Lomu tant pour son empreinte indélébile sur le jeu que pour sa personnalité en dehors des prés. A Agen, il est notamment pleuré par un autre All Black (à VII), ailier également et tout aussi modeste : George Tilsley. Les deux joueurs sont évidemment incomparables à bien des égards mais la recrue suaviste est bien placée pour évoquer l’une des idoles nationales. « C’est bien sûr une terrible nouvelle pour le rugby. J’ai eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises. De par son parcours, il aurait pu se comporter comme une superstar, plus que quiconque, mais il ne l’a jamais fait. Il est toujours resté humble. Pour toutes ces raisons, il est devenu une icône chez nous », explique un George Tilsley déterminé à réaliser lui-aussi quelques exploits à son niveau, en Top 14.

Force de caractère

Raillé à ses débuts après une première catastrophique contre Grenoble, le jeune homme de 23 ans a su rebondir et faire taire les sceptiques avec des performances beaucoup plus convaincantes par la suite. Avec la grosse blessure de Taylor Paris, les ailes font partie des chantiers de la bande à Stéphane Prosper. Et si Leka Tagotago, Pierre Fouyssac ou Tamaz Mchedlidze se partagent les apparitions, Tilsley, lui, est indéboulonnable du XV de départ depuis la victoire contre le Racing. Retrouver ainsi les faveurs du staff et d’Armandie montre la force de caractère peu commune du bonhomme. Né en Papouasie-Nouvelle-Guinée d’une mère autochtone et d’un père Néo-Zélandais, avant de débarquer chez les Kiwis à l’âge de neuf ans, il a vécu plusieurs drames. Son père est décédé en 2005, avant que sa mère ne disparaisse à son tour en 2013. « C’est la vie, on n’y peut rien. Ce sont des événements qui ont forgé ma personnalité », résume-t-il sans s’apitoyer le moins du monde sur son sort.

Plutôt bourreau que victime

George Tilsley (1,95 m pour 100 kg) n’est pas du genre victime. Il préfère le rôle de bourreau. Idéalement en marquant des essais comme contre Pau, mais quand les choses ne se passent pas comme prévu, il peut dégoupiller. Petit florilège : à Grenoble, il marche sur un adversaire dès la quatrième minute ; à La Rochelle, il colle une bonne cravate à son vis-à-vis Charles Bouldoire… Dans les deux cas, ça s’est terminé par un carton jaune. « Ce n’est pas très malin de ma part… Dans l’esprit du moment, parfois, on fais des choses stupides. Je suis très mauvais perdant. Mais je vais tout faire pour ne pas récidiver », promet l’ailier. Toujours est-il que le SUA possède avec Tilsley un joueur au fort tempérament. Un tel profil ne sera pas de trop pour enrayer la mauvaise entame des Lot-et-Garonnais. Le trois-quart laisse également présager une belle marge de progression. Le rugby à VII a déjà fourni de bons éléments aux Bleu et Blanc par le passé. Il serait dommage de s’en priver.

Dimitri Laleuf

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