L’exception culturelle privatisée


Aux côtés des traditionnels partenariats et sponsors d’événements bien connus (comme le Pruneau Shox), les portes des temples culturels s’ouvrent aux marchands. C’est un appel au mécénat, en ces temps de « vaches maigres », qu’a lancé Jean Dionis du Séjour, accompagné de Laurence Maïoroff adjointe à la Culture. Il s’adresse aux chefs d’entreprise et acteurs économiques, et à leurs deniers, afin qu’ils fassent vivre la culture de leur cité. Confrontées à la baisse des dotations étatiques, les collectivités qui ont fait le choix de ne pas impacter leur ligne culturelle (comme Agen) sont obligées « d’aller chercher d’autres recettes ». C’est donc vers le réseau des entreprises partenaires, une cinquantaine, qu’Agen et son maire ouvrent les portes des structures de la ville. En clair, six lieux de culture (musée, théâtre, centre André-Malraux, conservatoire, médiathèque et pôle archives et mémoire) sont à disposition des forces économiques pour une privatisation le temps d’une soirée ou d’un séminaire… Enfin d’à peu près tout ce qu’ils veulent car la mairie a « des formules clé en main » (voir plus bas).

5,3 millions par an, 14% du budget

Une flexibilité qui s’entend par l’investissement consenti par la municipalité. La culture représente ainsi 14% du budget annuel de la ville, soit 5,3 millions. Un domaine que la mandature Dionis II a décidé de booster. Les Assises ont donné l’impulsion, les hausses de tarifs sont aussi passées par là et, dorénavant, le troisième acte se jouera entre la ville et ses entrepreneurs. La morale ne dit pas, ou pas encore, si le service public d’accès à la culture y survivra. La ville et ses élus le pensent.

Gauvain Peleau-Barreyre

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