L’oeil d’André Gounou // Baladins en Agenais : « Save Our Soul* »


La culture c’est l’âme des choses, de la vie, l’épice de notre quotidien, c’est un méli-mélo de réel et d’artificiel. Excentrique, surréaliste et immortelle elle configure le substrat de l’existence. Et, quand elle est populaire elle a cette générosité de vouloir toucher le plus grand nombre. Les Baladins en Agenais l’incarnent depuis 1976 dans ce petit village de Monclar où, sous l’initiative de Roger Louret avec Mariane Valery et Nicolas Marié, le petit théâtre de poche naissait. 50 places, des représentations toute l’année et une réputation qui n’en finissait pas de grandir. Ils créent leurs propres pièces, jouent des pièces d’auteurs contemporains, des pièces du répertoire classique et sillonnent le département. L’histoire des Baladins ce n’est qu’affection, plaisir, émotion, sentiments, et excitation. Ce fut d’abord l’amour des Louret pour leur mère Huguette Pommier. Ce fut ensuite l’attachement viscéral à leur village Monclar. Enfin ce fut une passion dévorante pour le théâtre.

Récompenses 

Le bilan est élogieux. Des plus hautes récompenses jusqu’à la reconnaissance nationale de comédiens en passant par la venue de hautes personnalité les Baladins nous ont rendus fiers nous, les Lot-et-Garonnais. Ce succès et cette réputation reposent d’abord sur le génie créateur de Roger Louret, « puits de culture, découvreur de talents, réalisateur et metteur en scène exigeants, voire perfectionniste ». Les « Baladins en agenais » c’est une partie du patrimoine culturel lot-et-garonnais. Mais voilà, le parcours n’est pas celui d’un long fleuve tranquille. La fantaisie de la création se heurte à la rigueur de la gestion et leur démarche artistique s’appuie sur une liberté qui n’impose aucun choix, ni aucune soumission. En contrepartie il fait triste et froid quand on demande aux politiques de vous être un soutien. Les Baladins peuvent-ils survivent à un déracinement ?

Union politique 

Il y eut déjà plusieurs moments difficiles. Je me souviens du soutien apporté dans les années 90 par le Conseil général présidé par Jean François-Poncet. La gauche lui reprochait de se servir de la culture à des fins politiques, identitaires, pendant que la droite fustigeait Jack Lang, qui fut avec André Malraux, l’un de nos meilleurs ministre de la Culture. Et, puis ce combat homérique, à l’image de la liquidation judiciaire en 2001. Lui, son frère Guy et les fidèles s’en sont remis. L’art n’est pas fait pour servir. La fonction de l’artiste est au contraire d’exploser la question identitaire et le rôle du politique est de l’accompagner. Ce n’est pas un cadeau, c’est un investissement économique et social. Aujourd’hui, endettée et sans théâtre, la célèbre compagnie de théâtre des baladins cherche des solutions pour trouver une scène. Responsables de droite, du centre et de gauche unissez-vous, surmontez momentanément vos clivages pour sauver notre supplément d’âme !

* Sauvez notre âme 

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