L’oeil d’André Gounou // Caucaunibuca, vrai retour ou faux rebond ?


En apprenant que Caucaunibuca revenait au SUA, j’ai cru que c’était un gag ! Eh, bien non. Dix ans après avoir enfilé pour la première fois le maillot bleu et blanc, l’ancienne idole revient à Armandie sur le terrain de ses exploits. En pèlerinage ? Que nenni… Pour rejouer ! Grosse prise de risque de voir se détériorer, l’excellente image de ce joueur flamboyant. Ma lucidité, qui n’est pas vérité mais sincérité, m’oblige à me poser quelques questions. A 34 ans, forme affûtée dit-on, blessures colmatées, on nous assure qu’il court comme un lapin. Je n’insulterais pas l’avenir, le feuilleton ne fait que commencer. Cependant, confidences mezzo voce, cela me fait le même effet que si Chabal revenait en équipe de France ! Entre ses aficionados et ses détracteurs personne ne reste neutre. Chacun a ses arguments. Certains citeront et opposeront le cas de Sireli Bobo, 38 ans, replié au Japon et recruté, fin mars dernier, comme joker médical par le Stade Rochelais. Sauf que la comparaison entre les deux joueurs n’est pas raison. Rup’s, c’est le souvenir de ses fulgurances, de ses lumineuses percées, de ses fantastiques débordements, de l’insaisissable joueur au comportement d’anguille.

Justifier la hausse du prix des places ?

En 2013, il s’était inscrit au tournoi de rugby à 10 de Hong Kong au sein d’une équipe coachée par Tana Umaga. Son intention était de taper dans l’œil d’une formation pour signer un contrat qui l’aiderait à subvenir aux besoins de sa famille et, de lui-même. Sa prestation n’avait pas été très convaincante. Engagé pour une très courte période dans le championnat néo-zélandais avec la province de Taniwha Northland, Rup’s ne rêvait que de France. Son mode de vie fantasque aurait apparemment affaibli sa condition matérielle et précipité son offre. Circonstance atténuante, les cultures fidjiennes et occidentales, n’ont pas les mêmes bases philosophiques ce qui nous interdit de porter tout jugement. Seul le terrain constitue un juge de paix. L’autorité des dirigeants du club agenais est-elle suffisante pour gérer les interférences comportementales entre l’homme et le joueur ? Il semblerait que les conditions de recrutement soient asservies de précautions. Par ailleurs les ressources financières du club n’autorisent pas de fantaisies et l’excessive augmentation du prix des entrées ne peut être justifiée, a posteriori, par un tel recrutement. Pourquoi recruter un centre-ailier ? Le rugby, plus que tout autre sport, est un jeu qui impose un savant équilibre dans l’ossature d’une équipe. Depuis plusieurs saisons, la mêlée fermée se cherche. Phase de combat et rampe de lancement du jeu de ligne, elle est devenue inopérante, comme en témoigne le nombre d’écroulements, de pénalités sifflées. Cela fait des années que nous attendons des piliers pouvant nous assurer une stabilité en mêlée et voila que l’on recrute le doyen Caucaunibuca sur un double poste, au détriment d’un espoir ou de jeunes sortant du centre de formation. Quel contrat ? Les dirigeants doivent aux adhérents un minimum de transparence. Notre club, nos couleurs, sont depuis 1908 les éléments fédérateurs de générations entières. Le public d’Armandie est un public de connaisseurs qui a des exigences. Notons un bon point (prononcez : embonpoint) entre la gastronomie lyonnaise et gasconne Rup’s aurait choisi la nôtre !

 

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