L’oeil d’André Gounou // L’Agglo d’Agen en services commandés


Le monde bouge et toute attitude passive est préjudiciable au progrès. Il en est ainsi de l’évolution de nos structures des collectivités locales. Avec ses 29 communes l’Agglo d’Agen et son administration de mission et de projet s’apprête à s’agrandir avec la gestion mutualisée. Cette mutualisation des services constitue un enjeu important et interpelle les élus et fonctionnaires des collectivités. Elle ne pourra fonctionner qu’à la condition sine qua none d’une volonté politique forte, en vertu d’un projet de territoire laissé à l’appréciation des élus et tenant compte des spécificités locales. Les communes ont tout intérêt à participer à son élaboration qui permettra une organisation territoriale efficace. Nul doute que c’est là, un levier très puissant d’intégration communautaire. De nature réglementaire, elle va générer d’importantes évolutions organisationnelles et managériales et va impliquer chez les élus et cadres dirigeants qui seront à la manœuvre un fort sens du compromis, de véritables talents de négociateurs et une réelle capacité à argumenter et convaincre, sans pour autant contraindre. D’autant que la dotation globale de fonctionnement (DGF) sera attribuée en fonction d’un coefficient de mutualisation des services. Mais au-delà de l’économie réalisée cela sera difficile à mettre en œuvre car on ne peut pas dupliquer la mutualisation avec des territoires très hétérogènes dans leurs compétences et leurs modalités d’organisation interne.

Une harmonisation consensuelle

C’est ainsi que les changements organisationnels qui verront le jour restent complexes et doivent être anticipés et mesurés afin de proposer des évolutions métiers à l’ensemble des personnels concernés par ces modifications. L’autre interrogation est de savoir si la qualité du service sera maintenue. Je n’ai pas trop d’inquiétude dès lors que les comités de quartier exerceront une vigilance et feront remonter les éventuels dysfonctionnements. Mais, qui dit mutualisation dit harmonisation. Les négociations avec les organisations syndicales risquent d’être âpres et sévères. La notion d’égalité, si souvent mise en avant par les syndicats, devrait permettre d’aboutir dans le temps à une harmonisation consensuelle. Toute perte d’avantages indus des uns devra fondre vers les autres de façon indolore. L’avenir de l’Agglo est en partie lié au sens des responsabilités des uns et des autres. Le but de toute négociation n’est pas d’obtenir une victoire aux dépens de son interlocuteur. L’objectif doit être un accord gagnant-gagnant, c’est-à-dire une entente bénéfique pour les deux parties. La démarche de mutualisation si elle ne poursuit que des objectifs d’optimisation de la dépense publique comporte des risques ressources humaines alors qu’elle doit être au contraire une démarche porteuse de sens et créatrice de valeur humaine ajoutée. Enfin, le principe de la mutualisation lui-même pourrait conduire à de fortes déceptions si ces schémas n’étaient pas assortis de critères et de référentiels sur le service attendu. Le vrai enjeu de la mutualisation est celui de la conception du service public local. Cette alternative n’est pas dans la défense pied à pied de compétences résiduelles ; elle est bien davantage dans la mise en œuvre d’une sorte de subsidiarité active.

 

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