L’oeil d’André Gounou // Le Lot-et-Garonne au pain sec de France 3 Aquitaine


Propriétaire ou locataire vous n’échappez pas au paiement de la Taxe d’habitation dont l’échéance est fixée au milieu de ce mois de novembre. Depuis quelques années celle-ci est accompagnée de la contribution à l’audiovisuel public pour un montant de 133 euros. Anciennement appelée redevance télé, la contribution à l’audiovisuel public est destinée, comme son nom l’indique, à financer les chaînes et radios publiques. Donc, FR3 Aquitaine pour ce qui nous concerne et qui est une des vingt-quatre antennes métropolitaines de proximité de France Télévisions. Emettant depuis Bordeaux, elle couvre la totalité de la région Aquitaine. Mais en plus des émissions en français, la chaîne propose quelques programmes en occitan et en basque. La chaîne dispose d’une rédaction régionale à Bordeaux, trois rédactions locales à Périgueux, Bayonne et Pau. Quatre bureaux d’information à Dax, Agen, Mont-de-Marsan et Arcachon complètent le dispositif. France 3 Aquitaine dispose donc de 4 éditions locales du 19/20, disponibles par la TNT : Périgords, Euskal Herri Pays Basque, Bordeaux-Métropole et Pau-Sud Aquitaine.

Traitement inégalitaire

A cette énumération on constate que le département de Lot-et-Garonne est laissé à l’écart dans un contexte et un principe d’égalité du service public. Du lundi au vendredi à 19h15, après l’édition régionale, les quatre éditions d’information locale prennent le relais pour décliner une actualité de proximité. Multipliant les sorties sur le terrain, elles contribuent à mettre en valeur les manifestations marquantes de leur territoire par des plateaux en direct. Le seul département des Pyrénées-Atlantiques avec Pau et Bayonne jouit d’un régime de faveur exorbitant.
Le Lot-et-Garonne est systématiquement basculé sur l’une de ces rédactions locales et en subit le contenu sans être concerné. Le plus cocasse c’est que les Béarnais bénéficient d’un relevé d’écoute incluant les captifs gascons. Dans les années 90 le Conseil général s’était impliqué pour mettre à la disposition de FR3 Aquitaine un local à l’Agropole qui servirait de bureau d’information. Cela évitait aux équipes de tournage des allers-retours jusqu’à Bordeaux pour réaliser les montages. Les interviews pouvaient se faire avec transmission en direct. Ce dispositif existe toujours. C’était même l’époque où une partie du Lot-et-Garonne ne pouvait capter que FR3 Midi-Pyrénées et pas FR3 Aquitaine. Force est de constater que notre département reste parmi les cinq de la Région le moins doté en terme de durée programmatique. Dix minutes sur 30 de décrochage, soit 1/3 du temps de diffusion, sont ainsi affectées aux rédactions locales. Je ne suis pas sans savoir que des départements ont apportés un soutien financier assez important pour obtenir ces implantations d’équipements audiovisuels. Mais cela s’est fait dans le créneau de diffusion réduit et contraint au détriment de notre département.

Une catastrophe fait la Une

En général il faut une catastrophe, une manifestation musclée, un drame ou un gros accident pour que le Lot-et-Garonne fasse l’objet d’un reportage. Bonjour la mise en valeur ! Vous regardez les actualités régionales sur FR3 Aquitaine pendant un quart d’heure et ensuite vous passez mécaniquement, que vous le vouliez ou non, sur Pau-Sud Aquitaine ou une autre édition. Le plus surprenant c’est qu’aucun parlementaire ou élu local ne s’en inquiète. Payer une redevance forfaitaire pour une aussi grande disparité de service rendu relève de l’inégalité de traitement des territoires.

Menaces de la réforme territoriale

Cela risque d’être amplifié avec le redécoupage des nouvelles régions. Cette nouvelle version prévoit la fusion des régions Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine. Les télés régionales devront réorganiser et restructurer leur réseau et notre département risque de faire encore les frais d’une reconnaissance télévisuelle de son identité. Dans un rapport remis en juillet dernier d’Anne Brucy, ancienne directrice de France Bleu et de France 3 Nord-Pas-de-Calais-Picardie, à la ministre de la Culture et de la Communication sur sa réflexion concernant l’avenir de l’offre régionale et locale de France 3, il est noté : « L’écart de développement entre ces territoires tend mécaniquement à se creuser, rendant ainsi ces populations particulièrement vulnérables et isolées, voire « invisibles » aux yeux des décideurs publics. » J’ajoute que le caractère d’universalité de la redevance impose un traitement égalitaire.

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