L’oeil de Gounou // Covoiturage : l’Agenais en retard sur le Villeneuvois


Nous ne sommes plus dans l’économie de l’usage mais du partage. Un exemple significatif avec le covoiturage. Il dépend de la motivation des particuliers et repose en grande partie sur un principe collaboratif d’auto-organisation mais peut être encouragé, coorganisé ou aidé par des collectivités ou des entreprises. Il procure des avantages individuels en économisant les dépenses de carburant et de maintenance, agrémente les voyages, développe le lien social et collectif, augmente le taux de remplissage des véhicules, diminue les embouteillages, la pollution et les accidents de la route. C’est Internet qui a beaucoup contribué à l’émergence de cette pratique de transport en facilitant les contacts entre conducteurs et passagers. Les contraintes de pouvoir d’achat conjuguées à une réelle prise de conscience des limites écologiques de la voiture individuelle, surtout chez les jeunes, concourent à une augmentation impressionnante de trafic sur les sites de covoiturage français (BlaBla Car). En France, une des 6 orientations de la Loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie du 30 décembre 1996, porte sur les Plans de déplacements urbains : elle encourage « les entreprises et les collectivités publiques à favoriser le transport de leur personnel, notamment par l’utilisation des transports en commun et le covoiturage ». Généralement nos collectivités interviennent et agissent sous trois conditions. La première, c’est à leur initiative, la deuxième c’est sous la pression populaire ou lobbyiste et la troisième, par anticipation. C’est à son initiative que le Conseil général a intégré le covoiturage dans les « plans de mobilité » en incitant aux changements de comportement. Dès 2009, il a créé une Centrale de covoiturage avec un site mis à disposition (www.covoiturage-47.fr). Une collectivité lui a emboîté le pas. C’est l’Agglomération du Grand Villeneuvois qui a lancé une véritable politique de mobilité. Elle a aménagé 12 aires de covoiturages sur son territoire avec coordonnées GPS. Ces aires de covoiturage sont des points de rendez-vous et permettent d’y garer la voiture en toute sécurité.

L’Agenais est en retard

Un covoiturage sauvage et spontané est né aux abords des parkings d’entrée de l’autoroute avec de nombreux stationnements anarchiques. Il conviendrait de se pencher sur ce problème qui n’a rien d’insurmontable. Les aires sont des lieux sécurisés et identifiés où les covoitureurs peuvent se poster pour attendre leur conducteur. Ces stationnements permettent de se retrouver également et d’y laisser une voiture, de sorte à ne prendre qu’une voiture pour plusieurs personnes. Dans de nombreuses communes une jonction avec les lignes de transport en commun peut se révéler utile. Il est possible de rendre l’aire ou le stationnement identifiable en y installant une borne ou toute autre signalétique visible de loin. Nos parkings relais peuvent en faire office encore faut-il qu’ils soient répertoriés et identifiés. Dans le nouveau contrat agenais 2014-2020, j’ai vérifié. Aucun des 93 engagements ne concernent le covoiturage. Je suis sûr et même certain que le maire d’Agen mais aussi président de l’Agglo, très attaché aux problèmes de circulation et de transports, va diligenter une étude pour développer sur l’ensemble du territoire un dispositif d’accompagnement au covoiturage. Cela est d’autant plus facile qu’il suffit d’adhérer au système mis en place par le Conseil général en bénéficiant comme le Grand Villeneuvois d’aides spécifiques.

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