Un Lot-et-Garonnais premier flic de France


Il est le plus jeune ministre de l’Intérieur nommé dans un gouvernement de la Ve République. A 39 ans, Matthias Fekl créé la surprise, lui qui ne faisait pas partie des plans du dernier quinquennat. En l’espace de neuf ans à peine, l’homme, passé par Sciences-Po et l’Ena, s’est déplacé des bancs de l’hémicycle marmandais en tant que conseiller municipal au fauteuil de la place Beauvau. Une trajectoire éclair et étonnante, entreprise en toute discrétion.
Son nom commence à apparaître dans les couloirs du PS au moment de l’affaire Cahuzac, en 2012. Elu également député, il gère alors localement une succession compliquée en tant que secrétaire fédéral du parti. Depuis, il n’a cessé de monter les échelons et de faire résonner son nom de plus en plus fort dans les arcanes du pouvoir mais également dans les médias.
En 2014, il joue pour la première fois le pompier de service en remplaçant Thomas Thevenoud après le départ précipité et l’annonce de sa « phobie administrative ». Matthias Fekl saisit alors à bras le corps ses nouvelles responsabilités de secrétaire d’Etat au Commerce extérieur. L’Europe est en pleine négociation avec les Etats-Unis sur le Tafta, projet de libre-échange commercial entre les deux puissances économiques occidentales. Et Matthias Fekl fait entendre sa voix, et de manière plutôt dissonante face à ses homologues européens. Il s’active pour obtenir des concessions de Washington, devient l’épine du pied dans un protocole d’accord quelque peu opaque, allant jusqu’à menacer l’arrêt des négociations par la France. Il se porte par contre défenseur fervent d’un accord avec le Canada.
Cet ancien Strauss-Khanien a ensuite porté sa voix vers Benoît Hamon après avoir lancé son propre mouvement politique dénommé Movida en octobre dernier.
Avant sa nomination au ministère de l’Intérieur, il faisait d’ailleurs partie de l’organigramme de l’équipe de campagne du candidat socialiste à la présidentielle, chargé notamment de la mise en application des réformes… Un rôle dont il va devoir s’éloigner du fait de ses nouvelles fonctions. Matthias Fekl a de nouveau surpris son monde  en prenant le ministère de l’Intérieur… Que beaucoup imaginait revenir à Bernard Cazeneuve, qui aurait alors coiffé la double casquette avec celle de Premier ministre… Mais l’homme a su prendre de plus en plus de place au fil du quinquennat et se place désormais comme l’un des grands espoirs du Parti socialiste. Il n’en oublie pas pour autant le territoire qui l’a fait débuter… Le week-end dernier, Matthias Fekl participait au carnaval de Tonneins.

Annabel Perrin

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