Le Lot-et-Garonne dans la folie bio


La consommation alimentaire des ménages français serait-elle en train de changer ? A en juger par l’évolution du marché des produits issus de l’agriculture biologique, on est en droit de penser que oui. Peu de secteurs peuvent se targuer d’une croissance supérieure à 20%. En Lot-et-Garonne, la tendance est palpable avec une multiplication des points de vente bio pour atteindre plus d’une quinzaine d’adresses. L’arrivée en mai dernier des Comptoirs de la bio à Boé et celle imminente du Marché de Léopold à Villeneuve-sur-Lot marquent une nouvelle étape vers le « mieux-manger ». Particularité de ces nouveaux magasins : leur surface. « Le Marché de Leopold de Villeneuve s’étendra sur 550 m2 d’espace de vente, explique Benjamin Quiras, fondateur de cette enseigne indépendante. On se rapproche d’un supermarché où on peut trouver un peu de tout. L’alimentaire reste l’activité principale avec l’accent mis sur le frais, en particulier les fruits et légumes, ainsi que le vrac. Mais nous avons aussi 20% de produits non-alimentaires. L’offre est de plus en plus complète et les commerçants travaillent mieux. » Consommer bio ne se résume plus à acheter sur le marché ou à l’intérieur de petites officines plus ou moins confidentielles. Le public plus nombreux développe ses attentes. « J’ai ouvert mon premier magasin en 2008 et depuis, je constate une demande toujours grandissante. Il y a une prise de conscience collective qui pousse les gens vers la sécurité alimentaire, la qualité des produits et les circuits-courts », ajoute Benjamin Quiras. Ces nouvelles exigences se conjuguent avec la résurgence d’un modèle commercial différent. « Le schéma de l’hypermarché immense où l’on fait la totalité de ses courses pour le mois tend à diminuer. D’une part parce que la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire sont parfois allées trop loin. D’autre part parce que la population aime de nouveau faire ses achats à plusieurs endroits », estime le patron du Marché de Léopold. Et si les tarifs restent élevés, cela ne semble pas gêner les consommateurs. « On sera toujours plus cher qu’en conventionnel mais on sait aussi pourquoi. On se bat contre le dumping pratiqué par les grands groupes afin de rémunérer les producteurs comme il se doit », poursuit Benjamin Quiras. La grande distribution s’adapte elle aussi avec la création quasi systématique de rayons consacrés aux produits bio. Pas de doute, le Lot-et-Garonne est bien entré dans la folie du bio.

Dimitri Laleuf

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Le film Zéro phyto, 100% bio en avant-première lundi 19 juin à Cap Cinéma

Le réalisateur Guillaume Bodin a mené une enquête sur plusieurs communes françaises qui n’ont pas attendu la loi Labbé pour bannir les pesticides dans les espaces publics et d’autres pionnières de la restauration collective biologique. « Un film très positif et pédagogique pour montrer que manger bio, local et fait maison peut coûter moins cher et redonner du goût, aux enfants mais pas seulement, avec des conséquences sur la santé à long terme, décrit le chef lot-et-garonnais Xavier Denamur. C’est un sujet qui doit être au coeur de nos préoccupation, car la bouffe (sic), c’est notre quotidien trois fois par jour. Faire des calculs comptables sur le ventre de nos enfants, ce n’est pas possible. » Ce documentaire de 1h20 environ sera diffusé en avant-première lundi 19 juin au cours au Cap Cinéma d’Agen. Un pot sera proposé dès 19h30 par des producteurs bio locaux avant la projection du film à 20h30. Un débat sera ensuite organisé à la brasserie attenante Au P’tit Bonheur en présence du réalisateur Guillaume Bodin, Bernard Michel, chef cuisinier de la cantine d’Espiens, Daniel Gevaert, fondateur de Danival et producteur bio engagé ainsi que Xavier Denamur. Tarif tout compris : 6,40 euros.

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