Le maire fait le bilan à mi-parcours


1286 jours se sont écoulés depuis le deuxième tour des municipales de 2014. 1286 jours pendant lesquels Patrick Cassany a siégé comme maire de Villeneuve-sur-Lot. L’ancien agent immobilier avait certes porté l’écharpe dès 2012 et la nomination de Jérôme Cahuzac dans le gouvernement Ayrault, mais c’est bien là son premier mandat plein après une élection au suffrage universel direct. L’édile a donc souhaité dresser un bilan à mi-parcours de son action à la tête de la ville. La première satisfaction étant d’abord d’être toujours là, avec une majorité stable. « Je ne vais pas revenir sur certaines affaires qui auraient pu se traduire par une explosion de l’équipe municipale, d’autant plus dans une période compliquée et volatile pour la confiance entre les élus et les citoyens, prévient Patrick Cassany. Si le cap a été tenu, c’est d’abord grâce à une équipe soudée et au bon sens des Villeneuvois. » Les déboires fiscaux de Cahuzac, la montée concomitante du FN de Bousquet-Cassagne ou encore les défections internes comme celle d’Alain Soubiran n’ont pas eu raison du leader socialiste. Le maire évoque aussi la baisse des dotations de l’Etat ces dernières années soit « 2 millions d’euros de recettes en moins ». « C’est un choc qu’il a fallu encaisser et nous l’avons fait sans faire monter les taux de la fiscalité communale, ni se servir de la culture comme variable d’ajustement ou diminuer les aides aux associations ». C’est donc du côté fonctionnement que les économies ont dû être trouvées. « Cette politique rigoureuse nous a permis de désendetter la commune de 4,7 millions d’euros et de redégager des marges d’investissement », affirme Patrick Cassany.

Dans ce contexte particulier, les élus villeneuvois sont-ils parvenus à respecter leurs engagements de campagne ? Ils étaient 68 à figurer sur le programme. Point par point, Patrick Cassany fait le compte : « Sur ces 68 engagements pris en 2014, nous en avons réalisé 45, soit 66%. 18 sont en cours. 5 sont à l’étude ou reportés ». Il met aussi en exergue des « actions supplémentaires engagées et non prévues » comme le déploiement de la fibre optique sur la totalité de la commune ou les opérations d’économies d’énergie. La police municipale a également entamé ses patrouilles armées le 2 octobre. Selon lui, « parole tenue », qu’il s’agisse de pouvoir d’achat, d’attractivité de la ville, d’emploi et d’économie, de jeunesse et d’éducation, de solidarité, de sécurité, de culture, de sport ou de projets d’agglomération. Restent tout de même quelques chantiers d’envergure à mener d’ici le scrutin de 2020. La réhabilitation de l’ancien hôpital Saint-Cyr en campus de formation, avec le soutien du président de Région Alain Rousset, est sûrement le plus important d’entre eux. Côté propreté, une tournée supplémentaire de collecte des sacs jaunes pourrait être mise en place l’année prochaine, en dégageant à la fois des moyens et des agents.

Des reports faute de moyens

Parmi les quelques points qui fâchent : l’aménagement des avenues d’Agen et Maréchal Leclerc. Le chantier intégral a été estimé à 3 millions d’euros. « Cela fait beaucoup pour une seule artère compte tenu de nos contraintes budgétaires. Nous nous sommes donc concentrés sur la sécurisation du lycée Georges-Leygues. Nous allons aussi travailler près de la rue Sully où le bailleur social Habitalys a monté une résidence avec le projet d’une seconde et dont la voirie est en très mauvais état », détaille le maire. Par ailleurs, la demande d’aménagement « précaire et révocable » sur l’ancienne voie ferrée toujours pas déclassée a été rejetée par la SNCF à deux reprises. Il n’y aura donc pas pour l’instant de cheminement piéton entre le parc Mitterrand et le lycée Couffignal. La création de « Villeneuve Plage » pour permettre la baignade dans le Lot au niveau de Gajac est une autre promesse qui ne sera pas tenue. « Les coûts de fonctionnement sont élevés, que ce soit pour le sable ou les maîtres-nageurs. Ça ne collait pas avec le contexte budgétaire », ajoute-t-il. L’aménagement de l’ex-piscine du Stadium, lui aussi jugé trop onéreux, est « à envisager pour un prochain mandat ». Enfin, la création d’un centre d’initiation à l’architecture et au patrimoine, dans le cadre du Pays d’art et d’histoire, n’a pas été considérée comme une priorité.

Dimitri Laleuf

66% d’engagements tenus à mi-mandat selon le maire Patrick Cassany. 45 points ont été réalisés, 18 sont en cours et 5 sont reportés ou à l’étude.

Vous pouvez retrouver le point d’étape détaillé des 68 engagements de la mairie sur le bulletin municipal « Vivre à Villeneuve » (hors-série) distribué en boîte aux lettres ou en ligne sur le site de la ville

L’opposition conteste

L’opposition, qui possède neuf sièges de conseillers municipaux répartis en trois groupes, ne goûte pas vraiment le bilan vanté par la liste de Patrick Cassany. Le groupe « Réunir Villeneuve » d’Anne-Marie Davelu-Chavin et Elisabeth Armicent dénonce une majorité qui « remet la faute sur les autres » pour ce qui n’a pas été accompli et « l’absence de toute action améliorant la vie quotidienne des Villeneuvois ». Les Républicains de Renaud Leygue et Loïc Joly déplorent « l’insécurité, les incivilités quotidiennes, les entrées de ville laissées aux herbes folles, les poubelles qui débordent encore et toujours… »

Le groupe « Villeneuve Bleu Marine » emmené par Etienne Bousquet-Cassagne s’attaque quant à lui à la politique… nationale. Emmanuel Macron et le gouvernement sont coupables selon eux « d’affaiblir les municipalité », comme sur les contrats aidés, avec un « plan d’austérité prévisible ». Un programme que soutiendraient Patrick Cassany et « ses amis socialistes » après avoir « voté pour Emmanuel Macron ».

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