Manif des profs pour un lycée sécurisé


Battre le pavé prenait tout son sens, ce jeudi matin,  par moins 2°, devant l’inspection académique à Agen. La cinquantaine de professeurs, représentants syndicaux et de parents d’élèves du lycée Georges-Leygues, ont manifesté en trépignant durant deux heures, attendant l’issue d’une réunion avec l’inspecteur d’académie qui recevait ce matin-là une délégation. Pour se donner du courage et du rythme, un semblant de batucada mettait des airs de fête à une manifestation dénonçant pourtant des faits plus que sérieux. Car, c’est avant tout des mesures de sécurité que le personnel du lycée réclame depuis cette semaine, avec un préavis de grève déposé qui court jusqu’aux vacances de février. Face aux violences régulières et de plus en plus graves qui se déroulent dans l’enceinte de l’établissement villeneuvois, dénoncées la semaine dernière par voie de presse (lire notre édition précédente), profs, parents d’élèves et personnel administratif demandent davantage de moyens pour la surveillance des élèves, et des moyens pérennes : « Et non deux agents de sécurité supplémentaires sur un mois, histoire de calmer le jeu » lance une des manifestantes en première ligne.

Problèmes d’orientation

Les classes surchargées étaient également dénoncées. Mais pas seulement… C’est également tout un système d’orientation que les professeurs remettaient ici en cause : « Lorsque des élèves se retrouvent dans des filières par défaut, parce qu’ils sont passés dans la moulinette d’un logiciel informatique et que leur premier voeu n’est pas possible… Ils arrivent démotivés… Et ne parlons pas des bacs pros, qui se passent désormais en trois ans au lieu de quatre… Et où l’on constate un manque flagrant de maturité des élèves » souligne une autre enseignante présente sur les lieux. Et une autre de souligner que le lycée Georges-Leygues, entouré d’écoles classées en REP (Réseau d’éducation prioritaire) n’avait, lui, pas de classement, ni aucune assistante sociale, des mesures qui ne peuvent être décidées que par le rectorat. Avec la mise sur la place publique de la situation à Georges-Leygues, parents et élèves ont, semble-t-il, eu une prise de conscience : « Les premiers sont plutôt effrayés, les seconds se sont rendus compte de la gravité de la situation » souligne une des représentantes syndicales. Ce jeudi après-midi, ils comptaient bien faire de nouveau du bruit mais cette fois-ci devant les grilles même de l’établissement concerné.

Annabel Perrin

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