Manifestation des agriculteurs // Réparations à la carte après les dégâts


Près de deux semaines après que les agriculteurs ont montré les muscles, les collectivités ont tour à tour tiré le bilan des dégâts occasionnés et des sanctions appropriées. Le coût des dégradations atteindraient donc 217 000 euros. Cette somme prend en compte les estimations cumulées des collectivités municipale (92 000 euros pour la voirie, signalétique et espaces verts), départementale (100 000 euros) et de l’Etat (25 000 euros).

La Ville veut 92 000 « patates »

Dernière en date à se prononcer sur les événements du 6 octobre, la ville a décidé d’appliquer le concept du casseur-payeur. Elle explique dans un communiqué publié le 14 octobre que « La Ville d’Agen et les Agenais ont été pris en victimes collatérales dans cette affaire (…) La Ville d’Agen demandera donc réparation à la Coordination Rurale 47, responsable de cette casse. » Le président du syndicat, Patrick Franken, devrait donc fournir en fruits et légumes les cantines, restaurants sociaux et associations caritatives de la ville. A défaut de quoi, une plainte pourrait être envisagée. Une option qu’ont toujours refusé les édiles, répétant à l’envie « comprendre les motivations des agriculteurs mais pas leurs agissements ».

Le CG coupe dans les subventions

Un peu plus tôt, c’est-à-dire le 13 octobre, le Conseil général a fait savoir qu’il n’allait pas porter plainte non plus. En dépit des « dérapages, violences et dégradations constatés », qui se montent à quelques 100 000 euros, le Département préfère frapper dans le porte-monnaie en imputant le coût des réparations « sur le montant des subventions traditionnellement versées aux structures, organismes et syndicats agricoles ayant participé à la manifestation et n’ayant pas dénoncé par la suite les dérapages constatés, dès lors que les résultats de l’enquête, menée suite au dépôt de plainte du préfet, auront permis d’identifier le(s) responsable(s) de ces dégradations ».

Les services de l’Etat en appellent à la loi

Il y aura donc bien une enquête en bonne et due forme suite au dépôt de plainte des services de l’Etat. La préfecture, le Service départemental d’incendie et de secours 47 et la Direction départementale des territoires ont décidé de riposter en visant l’organisateur principal de la manifestation, la Coordination rurale 47. Les dégradations seront donc étudiées mais la préfecture rappelle aussi que la manifestation n’a pas été organisée dans les cadre de la loi. La sanction prévue pour le défaut de déclaration par l’organisateur est de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 € d’amende. Enfin, en cas de troubles à l’ordre public, d’entrave à la libre circulation, en particulier celle des véhicules de secours, ou de dégradations de biens publics, la responsabilité du ou des organisateurs peut être engagée.

Gauvain Peleau-Barreyre

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