Ce match qui déchire la famille Tolot-Abadie


De gauche à droite, Paul Abadie et Jan-Louis, Louis, Loris et Lucas Tolot.

 

Les poteaux de rugby du jardin de grand-père à Montagnac-sur-Auvignon ont disparu. Les gamins, qui n’en sont plus, ne salissent plus leurs frusques à courir après le ballon. Mais Paul Abadie, Lucas et Loris Tolot viennent toujours aussi souvent prendre le café chez « papy ». Ce dernier n’est pas tellement branché ovalie, mais cela n’empêche pas les conversations de tourner autour. Surtout quand tonton Jean-Louis est dans les parages. Car cette grande famille débarquée du Nord en 1955 est à elle seule une institution du XV en Lot-et-Garonne. Les trois fils de Louis Tolot, Jean-Louis donc, Eric et Bruno ont porté le maillot du SUA LG et largement contribué à sa légende. Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Bruno a donné naissance à trois rugbymen talentueux : Loris, Lucas et Hugo. Et l’une de ses sœurs, Nicole, n’est autre que la maman du demi-de-mêlée Paul Abadie. Un arbre généalogique, un poil complexe il faut le dire, qui perpétue une belle tradition rugbystique dans nos campagnes.

Un rendez-vous manqué

Ce soir à Armandie, deux rivaux historiques vont s’affronter : le Sporting de Paul Abadie et l’US Montauban… de Lucas et Loris Tolot. Les jumeaux ont fait leurs classes dans l’école de rugby agenaise comme leur cousin. Mais à l’issue de leur dernière saison en espoirs, ils n’ont pas reçu de proposition de leur club formateur. « Montauban s’était de son côté manifesté très tôt », indique Loris. C’est donc en vert et noir qu’ils évoluent aujourd’hui à l’aile ou à l’arrière. Cette rencontre au sommet entre deux des cadors de Pro D2, ils en rêvaient. Loris est malheureusement forfait à cause d’une déchirure à la cuisse et Lucas n’est pas dans le groupe pour cette 15e journée. Paul non plus ne pourra défendre ses couleurs, étant touché au pied. « C’est vraiment dommage, c’est le genre de match que tu veux absolument jouer, surtout quand tu reviens chez toi, à Armandie », regrette Lucas. Un duel qui prend la forme d’un rendez-vous manqué. Ils le joueront finalement en tribunes, en observateurs (très) avertis et ardents défenseurs de leur chapelle. Pour une fois, certains Tolot prieront pour une défaite agenaise. Même Jean-Louis « la Matole » confie « ne pas faire un drame si l’USM l’emporte » pour ne pas froisser ses neveux… Dans quel monde vit-on ?

Porter le piano avant d’en jouer

« Ce sera en tout cas un très beau match de rugby, promet Loris. Ce sont deux équipes joueuses. C’est le dernier match de l’année, Montauban n’a rien à perdre, ça devrait être sympa. » Paul se montre en effet craintif de l’adversaire du jour : « Ils n’ont pas vraiment de point faible ». Le SUA, lui, en a au moins un : « Son irrégularité sur 80 minutes », remarque Lucas. Personne ne se mouille dans un pronostic. C’est donc Jean-Louis qui se charge de donner les enjeux : « Lors du match amical, ça s’était joué sur le combat, analyse-t-il. Agen était arrivé un peu la fleur au fusil et ça n’avait pas pardonné, car à Montauban, il n’y a aucun tricheur. Avant de pouvoir jouer au piano, il faut des costauds pour le porter. » Qui parviendra à imposer son instrument pour réciter la meilleure partition ? Réponse ce soir.

Dimitri Laleuf

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