Mathieu Blin : « Restons pragmatiques »


L’Hebdo : Préparer la rencontre contre Vannes avec une victoire dans les bagages, ce doit être plus agréable, non ?
Mathieu Blin : Débuter la semaine de travail après un succès est toujours très intéressant car cela permet de pointer du doigt tous les manquements et les erreurs sans avoir à prendre des pincettes pour ne pas entamer la confiance des joueurs. Par exemple, on peut souligner qu’il y a encore trop de mecs qui se jettent dans les rucks alors que cela n’est pas nécessaire lorsque le plaquage n’est pas positif. Cela a ouvert des couloirs à Albi et nous a fait subir sur plusieurs séquences. On constate également des soutiens encore trop tardifs, nous empêchant de libérer le ballon assez vite pour mettre à mal la défense. C’est tout à fait logique à la deuxième journée du championnat. A côté de ça, cette rencontre a montré des bonnes choses. Pour la première fois, on a su gérer un temps faible. Entre la 62e et la 72e minute, on a été acculés et les gars ont résisté avec une défense de haut niveau. On a construit des séquences pour reprendre le match entre la 55e et 62e puis à partir de la 72e en appuyant là où ça faisait mal. La mêlée a largement dominé. Dans ce domaine, on n’a pas été arbitrés comme il le fallait. Albi aurait pu prendre encore plus de cartons jaunes. C’est une victoire positive pour la confiance, et comme tout n’a pas été parfait, on ne peut pas basculer non plus dans la sur-confiance.

L’Hebdo : La défense est toujours préoccupante. Comment améliorer ce point ?
M. B. : Le problème vient de la lecture du cadre. A l’image de ce que l’on disait sur les rucks où il vaut mieux s’appliquer à reformer la ligne et presser fort l’adversaire dès la sortie du ballon plutôt que se jeter dans un contest perdu d’avance. Respecter ce cadre va nous demander plusieurs matchs. On travaille beaucoup sur la responsabilité individuelle. On montre aux joueurs que dès qu’ils sortent du cadre, il y a des conséquences collectives.

L’Hebdo : Cette victoire s’est construite par un jeu assez restreint, loin de l’identité agenaise. Est-ce un phénomène isolé ou quelque chose que l’on va revoir souvent dans la saison ?
M. B. : Depuis la reprise de l’entraînement le 5 juillet, on n’a pas abordé une seule fois l’ouverture offensive car on a perdu trop de matchs à cause de ça. On s’est concentré sur les un contre un, la défense collective, les rucks… On se focalise sur le fait d’avoir un jeu plus consistant. Pour l’instant, la mêlée et les ballons portés fonctionnent bien. Restons pragmatiques. On va exploiter la folie sur les turnovers avec des joueurs comme Paris qui va monter en puissance, Nakosi, Tilsley, Sadie. De toute façon, les avants ne peuvent pas tout faire donc il y aura des relais par la ligne des trois-quarts mais ce sera appliqué au bon moment. Dans le rugby, on parle de momentum. Il y a des moments de jeu autour desquels on doit écrire le script même si les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu. On a réussi à le faire sauf à la 62e où on aurait dû jouer un ballon porté. 

Propos recueillis par Dimitri Laleuf

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