Mauricio Reggiardo : « Une histoire d’hommes ! »


L’Hebdo : Mauricio, comment s’est déroulée cette semaine décisive pour la suite de la saison ?

Mauricio Reggiardo : Avec Stéphane, nous avons essayé de décontextualiser cette semaine. Dans le rugby français, nous avons toujours l’habitude de se servir de la motivation externe. Quand tu reçois une armada toulonnaise avec des Fekitoa, des Nonu et consorts, c’est un ressort de motivation extérieure favorisant une réaction de l’équipe. Des fois cette réaction est bonne, des fois elle ne l’est pas. Mais, depuis la réception du Stade Français, nous commençons à parler de motivation interne. Que chacun doit se surpasser match après match pour ce club, ce maillot, au delà de toutes les considérations extérieures : l’adversaire, le terrain ou le public… Dans tous les cas, un match de rugby c’est toujours sur un rectangle vert, à 15 contre 15 avec un arbitre au milieu. Nous abordons la réception de Brive dans ces conditions-là puisque nous savons que la motivation externe sera là. Nous n’aurons pas besoin de beaucoup parler avec Stéphane avant la rencontre. Cette semaine a également été consacrée à des entretiens individuels avec les joueurs, pour que chacun s’améliore par rapport au match précèdent. Si individuellement les joueurs sont capables d’augmenter leur niveau, le collectif suivra.

L’Hebdo : Le groupe est quasiment au complet pour ce match primordial. Les choix de joueurs s’annoncent difficiles ?

M.R. : C’est vrai que nous n’avons plus beaucoup de blessés et que tout le monde ou presque peut postuler pour samedi. Nous avons récupéré des blessés de longue date comme Marc Barthomeuf. Loick Jammes et Nico Metge sont également sur le retour. Cela veut dire que les préparateurs physiques et le staff médical travaillent bien. Tout le monde aura envie d’être aligné samedi face à Brive. Mais c’est à nous, les entraîneurs, de bien choisir les hommes pour ce match-là. J’ai l’habitude de dire que quand un joueur passe à côté de son match, le premier responsable est l’entraîneur puisque c’est lui qui l’a mis sur le terrain. Si il n’a pas été bon c’est parce que nous n’avons pas été capables de détecter que ce n’était peut-être pas une rencontre pour lui. Toute la semaine, nous nous sommes focalisés à bien choisir les hommes et travailler les stratégies avec eux pour faire un grand match contre Brive.

L’Hebdo : Le vainqueur de samedi pourrait prendre un ascendant psychologique non négligeable pour la suite de la saison. Ce match est-il déjà couperet ?

M.R. : C’est évident qu’un succès samedi peut être positif pour la continuité du groupe mais si ce match est important, il n’est pas déterminant. Je crois que ça va être un match de guerriers, une histoire d’hommes. On parle beaucoup de notre état d’esprit depuis le début de la saison. Eux (ndlr : les Brivistes) ont un sacré état d’esprit depuis des années. Avec des contextes similaires pour les deux équipes, c’est le collectif qui a le plus envie de réussir qui va l’emporter.

L’Hebdo : Un gros combat d’avant est une nouvelle fois attendu samedi, notamment au vu de la météo, cela
ne devrait pas vous déplaire…

M.R. : Même si sur les derniers matchs, les Brivistes ont quelque peu fait évoluer leur rugby, on sait très bien que cette équipe s’appuie sur beaucoup de combat. Et il y en aura samedi ! Qu’il soit individuel, dans les rucks, ou collectif, dans les mêlées et les ballons portés, la bataille fera rage. Il ne faut pas être un grand entraîneur pour savoir qu’il faudra être prêt dans ces secteurs quand tu reçois une rugueuse équipe briviste. Nous avons fait un sacré travail cette semaine en se focalisant sur ces phases de jeu pour remporter ce bras de fer. 

L’Hebdo : Un mot sur Romain Poite, l’arbitre désigné pour cette rencontre ?

M.R. : C’est un grand arbitre ! Il est dans les deux ou trois meilleurs arbitres français. Pour un match avec autant d’enjeu qui sera une vraie rencontre d’hommes, c’est l’idéal. Cela nous permet de préparer un match avec la sérénité de savoir que l’homme au sifflet qui a été choisi pour arbitrer devrait passer inaperçu. Et oui, quand les arbitres passent inaperçus et ne se font pas remarquer, c’est qu’ils exercent bien leur rôle. C’est ce que j’ai envie de voir tous les week-ends.

L’Hebdo : Ce week-end vous recroiserez votre ancien joueur Mike Tadjer. Quelle image gardez-vous de lui ?

M.R. : Il était le meilleur talonneur en mêlée que j’ai connu lorsqu’il travaillait à mes côtés. C’est dommage qu’il soit parti car maintenant, les meilleurs talonneurs sont les miens (rires). Mike est vraiment un bon mec, je l’apprécie beaucoup et j’aimerais bien boire une bière avec lui à la fin du match. A son arrivée à Brive, il a eu un peu de mal à prendre ses marques mais aujourd’hui, il est en train de s’imposer et arrive à enchaîner les matchs. Le connaissant bien, je sais qu’il va vouloir faire un gros match samedi car il sera attendu au tournant à Armandie. Nous nous sommes préparés pour contrer la mêlée et la touche brivistes, mais avec lui, cela ne va pas être si simple (sourire).

L’Hebdo : Quid de la présence ou non d’Opeti Fonua dans le groupe ?

M.R. : Il a commencé l’entraînement mardi. Il s’est préparé normalement et c’est maintenant aux coachs de faire leur choix. Il est disponible et opérationnel puisqu’il possède sa licence. Même si récemment, il n’a joué qu’avec l’équipe réserve de Newcastle, ça peut être la surprise du chef samedi. Ou pas…

Propos recueillis par Simon Galinier

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