Michel Diefenbacher laisse la droite sans chef


Il a prévenu par mail ce jeudi matin les instances du parti Les Républicains. Michel Diefenbacher a démissionné de son poste de président du bureau départemental et lâché son titre de chef de l’opposition au sein du Conseil régional. Sa décision tombe deux mois à peine avant les élections internes au parti prévues en janvier qui devaient renouveler les cadres dirigeants de chaque fédération départementale. L’homme avait décidé d’ores et déjà de raccrocher les gants mais la liste élaborée par son parti pour les élections régionales a précipité son départ volontaire : « Il nous avait prévenu cet été » explique Jérôme Peyrat, porte-parole du groupe présidé par Michel Diefenbacher au conseil régional et conseiller régional sortant. « Il avait annoncé par un courrier que si la liste élaborée par Virginie Calmels, tête de liste en Aquitaine, était entérinée par le national, il partirait ».
Michel Diefenbacher a donc reçu confirmation mercredi soir de son absence sur l’équipe emmenée par Marie Costes : « Virginie Calmels n’a pas fait ses choix par hasard. En Lot-et-Garonne, elle avait des contraintes à respecter. Elle devait trouver une femme, une nouvelle tête et faire avec les centristes pour une union de la droite la plus large possible. Lors d’une première liste, elle a proposé à Michel Diefenbacher de prendre la quatrième place. Il a refusé », explique Jérôme Peyrat. L’homme, qui tenait les rênes de l’ancien UMP depuis 2010, n’a pu accepter de ne pas avoir le premier rôle même si, les tensions politiques de ces dernières années au sein de son comité avaient sans nul doute affaibli son autorité. « Sa décision de démissionner est motivée par une grande part d’amertume, ce que l’on peut comprendre. Mais pour avoir travaillé à ses côtés, je le regrette et j’en suis triste, car  Michel était un bosseur », ajoute Jérôme Peyrat. Un sentiment partagé par Guillaume Lepers, nouvel élu LR au Conseil départemental et proche du député Jean-Louis Costes, même s’il reconnaît « ne pas toujours avoir été d’accord avec lui, notamment sur les dossiers villeneuvois ».
Michel Diefenbacher aurait-il payé son incapacité à fédérer la droite derrière son nom ? Le successeur de François-Poncet n’a en effet jamais pleinement réussi à unir les forces de droite. Des dissensions qui avaient éclaté au grand jour lors des municipales villeneuvoises où deux listes de droite s’étaient présentées : « Il est clair que les Régionales sont arrivées dans un contexte de tension politique en Lot-et-Garonne, précise Jérôme Peyrat, il fallait en sortir ».
« Les batailles d’ego ont fait beaucoup de mal à la droite pendant trop longtemps, confirme Guillaume Lepers. Et dans le même temps, pas mal de nouvelles têtes avaient envie d’avancer, d’enterrer les guéguerres du passé et renouer les liens entre les trois grosses agglomérations du département ». La droite départementale a donc sacrifié sa tête pour enfin, peut-être, réussir l’union impérative et espérer l’emporter aux prochaines échéances électorales.

Annabel Perrin

« Ca nous est tombé dessus »

Jean Pinasseau, actuel numéro 2 Les Républicains 47, accuse le coup. « Ca nous tombe dessus… Mais nous allons attendre que la décision soit officielle. » Comprenez que les instances nationales entérinent le départ de Michel Diefenbacher. La proximité des élections internes, prévues en janvier prochain, pourraient amener Jean Pinasseau à assurer l’intérim de sa place de secrétaire de fédération. « Michel Diefenbacher a toujours fait le job, il connaissait les dossiers. C’est dommage de le voir partir ainsi. »

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés